Guinée équatoriale : consensus sur un ultime report au printemps 2012 concernant la remise du prix Obiang


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Le prix Obiang Nguema Mbasogo, offert par le président équato-guinéen fut de nouveau examiné ce mardi 4 octobre 2011. Le conseil exécutif de l’Unesco, composé de 58 pays membres, a décidé à l’unanimité de reporter le sujet au mois d’avril prochain. Un consensus et un compromis ont été trouvés.

La décision du conseil exécutif est d’abord un compromis. Un compromis entre Européens et Américains qui exigeaient une annulation pure et simple du prix, et le groupe africain qui plaidait pour son attribution. Ce soir un consensus s’est dégagé de la réunion. Les 58 membres du conseil ont préféré « donner du temps au temps » en décidant de mettre en place un groupe de travail chargé du dossier.

Réuni à Paris vendredi dernier, le conseil exécutif de l’Unesco n’avait pas réussi à trancher et faute de consensus, avait alors désigné un petit comité chargé de rédiger une recommandation « consensuelle». C’est ce document qui a été débattu, ce mardi 4 octobre 2011, par les 58 membres du Conseil exécutif et qui a été voté à l’unanimité.

Un comité de 18 personnes pour une conclusion finale

Le document propose notamment la création d’un comité de 18 personnes, à savoir trois personnes par région géographique. Il a pour mandat de parvenir à une conclusion finale sur ce dossier et la soumettre à la prochaine session du conseil exécutif, c'est-à-dire en avril prochain. Sa décision s’imposera alors à tous. Si toutefois la solution cherchée n’obtient pas de consensus entre les membres de ce nouveau comité, alors un ultime vote aura lieu lors de cette même session avec, cette fois, la participation de tous les membres du conseil exécutif.

Pour Mariola Bindang, déléguée permanente de la Guinée équatoriale auprès de l'Unesco, ce sont les africains qui ont cédé.

La décision n'est pas implémentée.
Mariola Bindang, déléguée de la Guinée équatoriale auprès de l'Unesco.
10-10-2013 - Par Boniface Vignon

Même si le groupe africain n'a pas réussi à imposer sa volonté, à savoir celle d'attribuer le prix, Jean-Marie Adoua, porte-parole du groupe, assure que ce compromis n'entame, en rien, sa détermination.

On se battra pour faire gagner ce qui est équitable.
Jean-Marie Adoua, porte parole du groupe africain.
10-10-2013 - Par Boniface Vignon

Le groupe africain se doit ainsi de continuer à rester uni sur la remise de ce prix et il lui faudra également convaincre les groupes asiatique et sud-américain à se rallier à leur position. Jusqu’à présent, les sud-américains et asiatiques étaient divisés et préféraient rester en retrait.

Une décision suspendue puis reportée


Rappelons que le prix international UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie, récompense les initiatives en faveur de l’amélioration des conditions de vie, centrées sur les maladies tropicales. Il est financé par la fondation Obiang qui a promis de verser 3 millions de dollars aux candidats élus.

Ce prix a été créé en 2008 mais il n’a jamais été décerné car en octobre 2010 et après plusieurs mois de polémique, les 58 pays membres du conseil exécutif avaient fini par décider de «suspendre» la remise du prix jusqu’à ce qu’un «consensus» soit obtenu.
Cependant, et profitant de sa présidence de l’Union africaine, le président équato-guinéen Teodoro Obiang était revenu à la charge en juillet 2011 lors du sommet de l’Union africaine à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale. Le président Obiang a ainsi fait adopter une résolution par ses homologues demandant la remise du prix.
La décision sur la remise du prix avait alors été examinée vendredi dernier mais, faute de consensus, elle avait été reportée à ce mardi 4 octobre 2011.

A une vive polémique opposant certains pays africains et occidentaux est venue s’ajouter la protestation de plusieurs ONG dont Transparency International, Human Rights Watch (HRW) et Sherpa qui ont considéré la collaboration entre l’Unesco et Teodoro Obiang Nguema comme contre nature. Elles contestent notamment « la corruption officielle que a marqué les 32 ans de règne du président Obiang ». L’archevêque sud-africain Desmond Tutu s’était également mobilisé en dénonçant notamment le passif de Teodoro Obiang Nguema qui dirige d’une main de fer la Guinée équatoriale depuis 1979.