Les Namibiens exigent des compensations à l’Allemagne pour le massacre de milliers de Hereros

L'un des 20 crânes de guerriers hereros et namas, exposé ici lors d'une cérémonie à l'hôpital de la Charité de Berlin, le 30 septembre 2011.
© REUTERS/Tobias Schwarz

Une cérémonie officielle s’est déroulée ce mercredi 5 octobre 2011 à Windhoek en l'honneur des 20 crânes de guerriers hereros et namas rapatriés dans le pays. Ces ossements, ramenés d'Allemagne, sont ceux de personnes massacrées en 1904 par des colons allemands.

Des dizaines de milliers de personnes s'étaient déjà rassemblées mardi à l’Heroes Acre, le carré des héros, pour accueillir les crânes de quinze hommes, quatre femmes et un enfant. La plupart étaient de l’ethnie Herero. Ils avaient été assassinés en 1904 par les forces de l’ancien empire allemand lors d’un soulèvement anticolonial. On estime à 65 000 le nombre de Hereros tués, sur une population totale évaluée à 80 000 personnes à cette époque. Des crânes de tués ont été ensuite envoyés en Allemagne pour des expériences « scientifiques » à connotation raciale.

Lors de la cérémonie au carré des héros, le président namibien Hifikepunye Pohamba a dénoncé les crimes de la colonisation tout en appelant à renforcer les relations bilatérales avec l'Allemagne. Mais, pour nombreux Hereros, ce rapatriement des crânes n'est pas suffisant, il faudra aussi des réparations, pour le moment refusées par le gouvernement fédéral allemand.

Parmi la foule qui assistait aux cérémonies à Windhoek, le chef Herero Jonathan Kattjimune, qui a exprimé son émotion au micro de RFI. « C’était un moment difficile. Mais le plus important, c'était la joie de voir le retour de ces restes humains dans leur pays d'origine », a-t-il dit.

Le Premier ministre de Namibie, Nahas Angula, a déclaré pour sa part que « ce chapitre tragique de l'histoire est maintenant refermé ». Toutefois, le chef Jonathan Kattjimune a souligné que « là où il y a injustice, il doit toujours y avoir une réparation. Les Hereros doivent recevoir une compensation, pas nécessairement financière, mais au moins en nature. Cela, en soi, mettrait un terme à ce chapitre ».

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