Burundi: les FNL accusées du massacre de Gatumba


©

Au Burundi, les services secrets accusent le chef des Forces nationales de libération d'avoir « planifié » le massacre dans un bar de Gatumba, une localité proche de Bujumbura. Cette attaque, dans la nuit du 18 au 19 septembre dernier, avait fait au moins 39 morts. D'après un document confidentiel du SNR, le Service national de renseignement, le leader des FNL, Agathon Rwasa, aurait agi depuis la République démocratique du Congo

La note estampillée « confidentielle » est signée du chef des SNR et adressée aux pays de la région. Dans ce document, les services secrets estiment que d'après « les éléments d'enquête préliminaire », le massacre de Gatumba a été préparé par Agathon Rwasa, puis exécuté sous les ordres de Antoine Bariyanka, alias Shuti, commandant des FNL.

Le Service national du renseignement parle de 17 présumés terroristes, dont 12 venus de l'est de la République démocratique du Congo. C'est là que serait caché Agathon Rwasa, sous la protection des FDLR rwandais et les groupes Maï-Maï. Les services secrets demandent donc aux pays de la sous-région de coopérer pour arrêter le chef des FNL.

Depuis plusieurs mois, les attaques se sont mutlipliées au Burundi, et jusqu'ici les autorités les attribuaient à des « bandits armés ». Mais dans cette note, le chef des services secrets affirme que l'insécurité est téléguidée par Agathon Rwasa avec la complicité des partis d'opposition réunis au sein de l'ADC, l'Alliance des démocrates pour le changement.

Les FNL avaient pourtant signé un cessez-le-feu avec le pouvoir en 2009, mais la situation s'est sérieusement dégradée depuis la réélection du président Pierre Nkurunziza l'an dernier. Après cela, Agathon Rwasa était entré en clandestinité.