Des salafistes attaquent le siège de Nessma TV en Tunisie

Manifestation devant le siège de Nessma TV le 9 octobre 2011.
© AFP/F.Belaid

Entre 200 et 300 salafistes ont tenté ce dimanche 9 octobre au matin de marcher vers le siège de la télévision Nessma à Tunis. La chaîne avait reçu des menaces de mort depuis la diffusion vendredi du film Persépolis, de la cinéaste franco-iranienne Marjane Satrapi, qui avait été suivi d'un débat sur l'intégrisme religieux. L'incident intervient au lendemain de l'invasion de la faculté de lettres de l'Université de Sousse, dans l'est du pays, par plusieurs dizaines d'islamistes.

Le rassemblement avait été annoncé sur Facebook et les autorités ont donc pu intervenir à temps. Nebil Karoui le directeur de la chaîne qui était au siège de Nessma TV raconte ce qui s'est passé : « On a été attaqué trois fois sur deux batiments différents. Il y a une seule fois où ils ont été très proches après ils ont été dispersés par la police… Ils étaient très menaçants, ils avaient des couteaux et des bâtons ». Nebil Karoui a ajouté que ces menaces étaient coutumières, mais suite à la projection du film Persépolis de Marjane Satrapi et au débat qui s’en est suivi, des pages entières sur Facebook appelaient à venir mettre le feu à la chaîne de télévision.

Les faits racontés par Nebil Karoui le directeur de la chaîne
09-10-2011

Le directeur de cette chaîne de télévision affirme qu'il ne cèdera pas aux pressions : « Nous sommes une chaîne moderniste, qui est donc pour la liberté d’expression et pour la démocratie. On dérange beaucoup certaines franges intégristes et salafistes. Nous sommes à 15 jours des élections... On voudrait que la Tunisie passe à la démocratie et pas à une autre tyrannie. On est dans un combat juste… On ne va pas s’arrêter pour ça ».

Nebil Karoui le directeur de la chaîne explique qu'il ne cèdera pas aux pressions
09-10-2011

Pour le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Hichem Moueddeb, les forces de l’ordre sont en effet intervenues. « Un groupe de 200 ou 300 personnes se sont regroupées et ont fait le déplacement vers un des lieux de la chaîne de télévision Nessma. Les forces de l’ordre les en ont empêchés vu qu’ils n’avaient pas l’aval des autorités compétentes pour cette marche ». Il a ajouté que pour le moment on n’avait pas le nombre exact de personnes arrêtées, ni même leur appartenance exacte à un groupe salafiste même si les individus eux-mêmes se revendiquaient sur Facebook, comme tels.

Par ailleurs, ce samedi 8 octobre 2011, un groupe de plusieurs dizaines d'islamistes - 200, selon certaines sources- ont envahi la faculté de lettres de l'Université de Sousse, dans l'est de la Tunisie.  Ils reprochent à l'université d'avoir refusé l'inscription d'une étudiante portant le niqab et d'être plus généralement contre l'islam. Molesté, le secrétaire général de l'établissement a dû être hospitalisé, et dans la panique, les cours ont été immédiatement arrêtés.

L'Université de Sousse organise une réunion de crise ce lundi 10 octobre.

À deux semaines des élections, l'affaire du niqab de Sousse soulève de nombreuses questions. Certains se demandent à qui profite l'incident, et y voient une tentative de troubler le jeu politique.

 

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