Attaque de Nessma TV : la presse tunisienne condamne les violences

Manifestation de soutien à la chaîne de télévision Nessma après l'attaque des salafistes, dimanche le 9 octobre 2011.
© AFP/F.Belaid

Alors que la Tunisie s'apprête à voter dans moins de deux semaines pour un premier scrutin démocratique, les violences qui ont eu lieu dimanche 9 octobre, à Tunis, inquiètent, et suscitent l'indignation. Environ 200 salafistes ont été dispersés par la police alors qu'ils se dirigeaient vers les locaux de la télévision privée Nessma. La chaîne a provoqué la colère des islamistes après avoir diffusé le film franco-iranien Persepolis, de Marjane Satrapi. Ce lundi, la presse condamne et s'interroge.

La violence faute d’argument. Comme la plupart des quotidiens tunisiens, le Journal La Presse titre ce lundi matin sur les attaques islamistes de dimanche contre Nessma TV. Des violences, d’autant plus inquiétantes, selon le quotidien francophone, qu’elles font suite à l’assaut islamiste de samedi contre la faculté de Sousse après le refus de la direction d’accepter une étudiante intégralement voilée d’un niqab comme le prévoit pourtant la loi.

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Mais dimanche à Tunis, les violences ont été déclenchées par la diffusion vendredi sur Nessma TV de Persepolis en dialecte tunisien. Ce film de la Franco-Iranienne Marjane Satrapi traite de l’après révolution islamique en Iran mais, l’une de ses scènes largement partagée sur Facebook, ose une représentation et une critique de Dieu.

Insupportable pour quelques dizaines d’extrémistes issus d’un groupuscule salafiste. Certains ont été interpellés par la police après avoir menacé de mort les employés de la chaîne et tenté de mettre le feu à son siège, rappelle la presse tunisienne. « Nessma pousse à la discorde et veut conduire le pays droit au mur », explique l’un de ces manifestants islamites au journal arabophone Essarhir. Réponse du patron de Nessma TV : « On n’a pas expulsé un dictateur pour retrouver une autre forme de dictature ».

De son côté, le parti islamiste Ennahda favori dans les sondages, prend ses distances, condamne ces violences et évoque un acte isolé.
 

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