Au procès de Malick Noël Seck au Sénégal, opposants et partisans en ordre de bataille


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A Dakar, le secrétaire général de Convergence socialiste Malick Noël Seck doit être jugé ce mardi 18 octobre pour « outrage à magistrat et menaces de mort ». En cause, la lettre déposée il y a une semaine au Conseil constitutionnel dans laquelle son mouvement appelait à ne pas accepter une nouvelle candidature d’Abdoulaye Wade qu’il décrivait comme « immorale ».

Dans la lettre déposée mardi 10 octobre (suite de la lettre), Convergence socialiste prévenait : « Demain, lorsque la parole sera à la rue, nous reviendrons plus nombreux afin que vous nous rendiez des comptes ». C'est ce qui vaut à présent à Malick Noël Seck d’être poursuivi pour « outrage à magistrat » et « menaces de mort ». Et le leader du mouvement risque aujourd'hui un à deux ans de prison ferme.

Malick Noël Seck, le secrétaire général de Convergences socialiste a-t-il simplement usé de sa liberté d’expression en écrivant sa lettre au président du Conseil constitutionnel, ou a-t-il franchi les limites fixées par la loi ? Le sujet enflamme depuis une semaine les esprits au Sénégal dans une polémique qui mêle le droit à la politique.

La coalition qui porte la candidature d’Abdoulaye Wade à la prochaine présidentielle, les FAL (les Forces alliées 2012), estime que cette lettre est inacceptable, parce « faite de menaces de mort, de violence et de voie de fait ». « Force doit rester à la loi », proclament les FAL 2012.

Pour Maître Moussa Bocar Thiam, l’un des avocats de Malick Noël Seck, ce dernier  « a simplement dit à sa manière ce que d’autres ont déjà dit sur la responsabilité des juges constitutionnels et les risques de troubles qui existent dans ce pays ».

Les mouvements de jeunes de partis opposés à la candidature d’Abdoulaye Wade se sont pour leur part réunis, hier après-midi, pour soutenir, la démarche de Convergence socialiste. « Tous ceux qui étaient là ont repris cette lettre à leur compte, explique Barthélémy Dias, le secrétaire général des jeunesses socialistes qui ajoute : Nous disons à la justice : Si Malick Noël Seck doit être condamné, nous devons tous être condamnés ».

L’Union des magistrats sénégalais (UMS) a elle aussi son point de vue dans l’affaire. « S’il y a eu des menaces dans cette lettre, il est normal que le procureur prenne ses responsabilités, estime le président de l’UMS, Aziz Seck. Il est inadmissible, poursuit-il, que des citoyens de l’opposition ou du pouvoir, pour des raisons politiques, se permettent de menacer des magistrats dans l’exercice de leur fonction ».

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