A Sidi Bouzid en Tunisie, l'émotion domine avant les premières élections depuis le printemps arabe

Une tunisienne marche à Sidi Bouzid devant un mur recouvert des affiches des candidats à l'éléction de l'Assemblée constituante du 23 octobre 2011.
© REUTERS

Il y a huit mois à Sidi Bouzid s’immolait Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de légumes ambulant qui venait de se faire confisquer son étal. Un drame personnel qui a fait l’effet d’une étincelle dans une région en pleine ébullition. Le scrutin du dimanche 23 octobre 2011 est donc ici très symbolique. Reportage au siège de l’Instance régionale indépendante des élections (Irié) qui supervise le scrutin.

A l'Instance régionale indépendante des élections de Sidi Bouzid, le grand portail de l’entrée fait tout de suite penser à un haut lieu du pouvoir. Il y a huit mois encore, c'était le siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti tout puissant de Zine el-Abidine Ben Ali.

Les grands objectifs de la révolution ne sont pas atteints.

Huit mois après la révolution, Sidi Bouzid se sent abandonnée
18-10-2011
A Sidi Bouzid il y a huit mois s’immolait Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de légume ambulant qui venait de se faire confisquer son étal. Un drame personnel qui a fait l’effet d’une étincelle dans une région en pleine ébullition. Pourtant, la ville peine aujourd'hui à se passionner pour le scrutin. Huit mois après la révolution, ses habitants se sentent abandonnés.

« C’est là où ils ont triché que nous organisons le scrutin », se réjouit Slahi el-Kémel, membre de l’Irié. C'est symbolique, ce sont eux qui ont fait de mauvaises élections, qui ont triché, et nous on est là pour faire une bonne élection, démocratique, transparente et vraie ». Slahi el Kémel n’a voté qu’une fois dans sa vie, en 1981, avant de rompre avec la politique.

Nisri Bouderbala, le président de l’Instance régionale des élections, était aussi un opposant. Aujourd’hui encore, les souvenirs sont lourds à porter. Très ému, il admet qu'il y a un an, il n'aurait jamais imaginé se retrouver à organiser des élections pour une constituante. Il a beaucoup lutté pour en arriver là, « mais il y a des gens qui sont morts », rappelle-t-il, la voix brisée par les sanglots. 

Nisri Bouderbala a perdu des amis à cause de la répression de l’ancien régime, et c’est ce qui le hante. Il se fait un devoir aujourd’hui d’écrire une page d’histoire. « On est en train de construire de nouvelles habitudes, explique-t-il. On est en train de construire un nouvel Etat. C'est très difficile, mais c'est passionnant ».

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