400 jours de détention pour les quatre otages français au Sahel

Les otages français au Sahel : Daniel Larribe (haut gauche), Marc Feret (haut droite), Pierre Legrand (bas gauche), Thierry Dole (bas droite).
© DR

Cela fait maintenant 400 jours que sept étrangers ont été capturés dans la ville d’Arlit, au Niger. Depuis, quatre français sont toujours aux mains des ravisseurs qui se revendiquent d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). D’après les autorités nigériennes et françaises, les otages sont en vie. Les familles se veulent encore confiantes.

Bien que n’ayant reçu qu’une seule preuve de vie depuis le début de leur détention, les familles des otages veulent croire les autorités nigériennes et françaises. Le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini, a déclaré, le 3 octobre 2011, à Paris, qu’il n’avait pas de « preuves de vie » des otages mais il garantissait en même temps qu’il disposait « d’informations rassurantes ».

Même tonalité du côté du ministère français des Affaires étrangères qui se veut rassurant. Bien que ne communiquant pas sur les négociations en cours avec les familles, une garantie leur est donnée : sur le terrain, les relations existent et des contacts sont actifs. Et en septembre dernier, ce fut au tour du ministre français de la Défense, Gérard Longuet, d’affirmer que les quatre hommes étaient vivants, vraisemblablement séparés les uns des autres.

Pour éviter que les otages ne tombent dans l’oubli, les familles de Thierry Dol, Marc Feret, Daniel Larribe et Pierre Legrand, ont décidé de rompre le silence et de leur envoyer un message par le biais de RFI. René Robert, le grand-père de Pierre Legrand, précise que leurs familles et leurs amis les attendent et ne les oublient pas.

On les attend dans la confiance. Nous sommes une grande famille qui les attendons ; nous ne les oublions pas ; leurs amis ne les oublient pas non plus.

René Robert, grand-père de l’un des otages.
20-10-2011

Personne ne perd espoir

Selon un bon connaisseur de la région qui a participé à de précédentes libérations d’otages détenus par Aqmi, ce silence autour des otages est positif. « Moins on en parle, mieux les négociateurs peuvent travailler » explique cette source jointe par RFI, avant d’ajouter que « l’absence d’ultimatum confirme que le fil des tractations n’est pas rompu ».

Autre sujet d'espoir : la France a entamé, ce mercredi 19 octobre 2011, son retrait d’Afghanistan. Ce retrait est une des conditions posées par Aqmi pour la libération des otages. Un début de retrait qui pourrait peut-être convaincre Abou Zeid, chef du groupe d’Aqmi qui détient les otages, de relâcher les quatre captifs, très vraisemblablement retenus au Nord du Mali, dans la région montagneuse du Timétrine.

Le rappel des faits
Le 16 septembre 2010, sept personnes avaient été enlevées par Aqmi, à Arlit, site d’extraction d’uranium. Parmi eux, un cadre groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, et cinq employés dont trois français, travaillant pour Satom, sous-traitant d’Areva.
Le 24 février 2011, trois des otages ont été relâchés mais les quatre autres sont toujours retenus.

Depuis, une seule preuve de vie est venue rassurer les familles. En avril dernier, Aqmi avait diffusé une vidéo des otages « suppliant » le président Nicolas Sarkozy de retirer les troupes françaises d’Afghanistan. Les ravisseurs réclameraient également une rançon de 90 millions d’euros.
 

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