Le prix Sakharov décerné à cinq militants du «printemps arabe»

Mohamed Bouazizi, dont l'immolation a marqué le début de la révolte tunisienne, est honoré à titre posthume.
© REUTERS/Jamal Saidi

Le Parlement européen a décerné ce jeudi 27 octobre 2011 le prix Sakharov. Il s'agit d'une sorte de prix Nobel européen qui récompense chaque année un défenseur des droits de l’homme et de la démocratie. Cette année, il n’a pas été décerné à une mais à cinq personnes, cinq militants du « printemps arabe » et parmi eux Mohamed Bouazizi, le jeune tunisien dont le suicide a lancé la révolution contre le régime de Ben Ali.

Parmi les cinq lauréats du prix Sakharov, le jeune protestataire tunisien Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, honoré à titre posthume. C'est son suicide qui avait déclenché la revolution contre le régime de Ben Ali.

Françoise Castex
27-10-2011

Les quatre autres gagnants du prix Sakharov sont : le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, qui a passé 31 ans en prison pour s’être opposé au colonel Kadhafi, l'avocate syrienne Razan Zeitouneh, qui dirige des comités coordonnant la révolte en Syrie, le caricaturiste syrien Ali Farzat à qui les autorités syriennes ont cassé les mains l’été dernier, et la militante égyptienne Asmaa Mahfouz.
 

Asmaa Mahfouz, icône de la révolte égyptienne

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Asmaa Mahfouz est l’une des icônes du soulèvement du 26 janvier contre le régime de Hosni Moubarak. Jeune activiste de 26 ans, elle est issue d’une famille modeste et a vécu dans une banlieue populaire à l’est du Caire. Elle a commencé son engagement politique à l’université où elle étudiait la gestion. Ensuite, elle a fait partie de ce qu’on appelle la génération internet, elle a travaillé dans une compagnie informatique et a très vite utilisé la toile comme outil de contestation. Elle y a fait, d’ailleurs, la connaissance d’autres jeunes contestataires et a fondé avec eux le Mouvement du 6 avril.

Asmaa Mahfouz a notamment utilisé Youtube et sa page Facebook pour appeler les jeunes à manifester place Tahrir le 25 janvier – un appel qui était provocateur : « Si tu es un homme, rejoins-moi à Tahrir ». Ce côté provocateur elle l’a illustré à plusieurs reprises sur des chaînes de télévision, ce qui lui a valu des ennuis avec les conservateurs mais surtout avec l’armée. Elle a notamment été arrêtée pour avoir qualifié le Conseil suprême de l’armée de « conseil de chiens ». L’armée a fini par abandonner les poursuites, et aujourd’hui Asmaa Mahfouz se présente comme candidate indépendante aux législatives de novembre, dans la banlieue résidentielle d’Héliopolis au Caire.

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