Succès mitigé pour la marche de la branche jeunesse de l'ANC en Afrique du Sud


©

La manifestation organisée par Julius Malema, leader de la branche jeunesse de l'ANC, le parti au pouvoir, ce jeudi 27 octobre à Johannesburg s'est déroulée dans le calme. Les manifestants, pour la plupart jeunes et chômeurs, réclament des emplois et une meilleure répartition des richesses.

Il mène l’Afrique du Sud par le bout du nez. Il a redéfini le débat politique du pays et en chemin il a revêtu les habits d’un politicien populiste. Il s’adresse aux masses de l’Afrique en particulier à tous ceux qui se sentent marginalisés.
Fiona Forde
10-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

Ils sont finalement arrivés en fin d’après-midi, à 17 heures (heure locale) alors qu’on les attendait à la mi-journée. Problème d’organisation dit la ligue de la jeunesse de l’ANC.

Et puis il y avait ce parcours éreintant. Plus de 15 km, sur les collines de Johannesburg, dans la chaleur. A l’arrivée, beaucoup étaient pieds nus. Et quelques-uns se sont allongés sur le bitume, sitôt l’allocution de Julius Malema terminée. Le dirigeant de la Ligue a appelé à la fin de la domination du capitalisme blanc et demandé à ce que les personnes qui volent la richesse de la population montent sur scène pour recevoir les demandes des manifestants compilés. En fait sur un camion aménagé pour l’occasion. C’est ce qu’a fait un membre de la bourse de la Johannesburg qui a promis de remettre le document à la direction.

Toute la marche a été encadrée par un imposant dispositif de sécurité. Après avoir déposé un premier mémorandum à la chambre des mines dans le centre-ville de Johannesburg, le cortège s’est ébranlé vers le quartier d’affaires de Sandtown. Il n’y a eu aucun débordement. Pas de violence, pas de slogan contre Jacob Zuma, le président. Beaucoup de tee-shirts pour saluer la lutte anti impérialiste du martyre Kadhafi. Quelques portraits de Nelson Mandela. Et un immense sentiment de frustration exprimé par les manifestants. Souvent la trentaine, souvent sans emploi, ils veulent que le système change.

Ce jeudi soir, malgré tout la fatigue semble l’emporter sur la détermination. Beaucoup se demandent comment rejoindre Pretoria où une veillée est prévue dans un stade. Vendredi enfin, les manifestants vont remettre leur mémorandum à la présidence.

Le trublion Malema

« Mandela m'a conseillé de perdre du poids, donc je fais attention à ma ligne et je bois moins de Whiskey », avait confié Julius Malema à sa biographe. Juju, c'est son surnom, prétend marcher dans les pas de l'icône mondiale de la sagesse. Mandela avait fondé la ligue des jeunes pour secouer l'ANC, alors dirigé par des notables qui somnolaient.

« Nous sommes là pour imposer des idées radicales c'est le rôle de la jeunesse », avance Malema pour justifier la nationalisation des mines qu'il réclame à corps et à cris. Mais Mandela, contrairement au jeune trublion Malema, un habitué des orgies au champagne, et ne s’est jamais offert de berlines de luxe avec de l’argent douteux. Et puis les fréquentes sorties racistes de Malema, sont rebours de la nation arc en ciel rêvée par Mandela. Toutefois, son ancrage très à gauche et ses frasques néo-nationalistes résonnent chez les Noirs qui n'ont encore jamais goûté aux fruits de la démocratie près de vingt ans après la chute de l'apartheid.

Le manque de leadership de Zuma et les divisions au sein de l'ANC lui offrent un boulevard qu'il emprunte chaque jour à coup d'envolées populistes, elles défraient à chaque fois la chronique chez des journalistes sud-africains qui adorent le détester ou qui détestent l'adorer.