Nous sommes 7 milliards d'êtres humains

Ça y est ! D'après de nombreuses études, nous sommes dorénavant sept milliards d'êtres humains. Un seuil encore jamais atteint dans l'histoire de l'humanité, marquée ces dernières décennies par une forte accélération de la démographie mondiale. Mais cette tendance aujourd’hui est en train de s’inverser et nous observons maintenant un ralentissement de cette croissance qui s’exprime dans des proportions très différentes d’un continent à l’autre. Un phénomène qui place l’Afrique aujourd’hui en tête de la progression démographique avec le plus fort taux de fécondité mondial.
Il y a 2000 ans, nous étions environ 300 millions d'êtres humains, et il faudra attendre 1600 ans pour que ce chiffre double. En 1804, nous atteignons le premier milliard d’habitants sur Terre, et à partir de 1950, nous allons connaître une progression démographique extrêmement rapide. En 1987, nous sommes cinq milliards, en 1999 nous passons à six et aujourd’hui, en 2011, nous sommes dorénavant sept milliards. Donc en moins de 25 ans, la population mondiale s’est accrue de deux milliards de personnes, une croissance sans précédent que les experts des Nations unies expliquent par la diminution de la mortalité dans les régions les moins développées.
Une nouvelle tendance
Le seuil de sept milliards d’hommes marque aussi la fin de cette accélération : il nous faudra attendre dorénavant des périodes de plus en plus longues pour arriver aux milliards suivants. Nous atteindrons le seuil des dix milliards seulement à la fin de ce siècle. Ce ralentissement de la croissance démographique est dû, d’après le dernier rapport de l’UNFPA, le Fonds des Nations unies pour la population, à une baisse globale du taux de fécondité qui serait passé de six enfants par femme à 2,5 aujourd’hui en moyenne dans le monde. Ce taux de fécondité, qui est pour l’UNFPA le facteur le plus déterminant pour l’augmentation de la population -et qui est calculé sur la base du nombre d’enfants vivants par femme durant sa vie féconde entre 15 et 49 ans- connaît évidemment des variations régionales importantes même s'il est sur toute la planète en nette diminution, révélant ainsi de nombreuses inégalités et de grandes disparités d’un continent à l’autre.
La carte de la fécondité
Dans 83 pays du monde, la fécondité est au niveau du remplacement de deux enfants par femme ou bien en deçà de ce niveau, alors que dans beaucoup de pays les taux de fécondité sont encore très élevés. Taïwan connaît par exemple le taux de fécondité le plus bas avec moins d’un enfant par femme alors que le Niger a le taux le plus élevé au monde. Pour Gilles Pison chercheur à l'INED, l'Institut national d'études démographiques, « parmi les régions ou ce taux est encore très élevé, supérieur à quatre enfants, on trouve pratiquement toute l’Afrique subsaharienne, et quelques pays de la péninsule arabique et quelques pays d’Asie : en gros, une bande allant de l’Afghanistan au nord de l’Inde en passant par le Pakistan. Et donc, c’est là que le gros de la croissance mondiale aura lieu dans l’avenir. Et l’un des grands changements à venir c’est le formidable accroissement en Afrique, qui Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle, passant de 800 millions en 2000 à 3,6 milliards en 2100 et ceci malgré le sida. L’Afrique, avec l’Afrique du Nord comprise, représente aujourd’hui un homme sur sept sur la planète et ce chiffre sera probablement de 1 sur 3 dans un siècle ».
Une forte fécondité africaine
La forte fécondité sud-africaine, qui est de cinq enfants en moyenne par femme, mais qui est en baisse par apport à il y a trentaine d’années où ce taux était encore de sept enfants par femme, diminue plus doucement que ce que l’on a pû observer en Asie ou en Amérique latine. Un phénomène qu’explique Gilles Pison car la mortalité des enfants est encore élevé en Afrique « et c’est sûr que d’avoir beaucoup d’enfants est une façon de s’assurer qu’il y en aura au moins quelques uns qui vont survivre si encore une partie des enfants meurent malheureusement en bas âge. Et puis il y a aussi des progrès sociaux économiques qui sont en cours mais qui ne sont peut-être pas encore assez avancés, car il y a un lien entre la fécondité et le développement, mais il ne faut pas penser qu’il y aurait en Afrique un refus ou une résistance à la limitation volontaire des naissances, beaucoup souhaiteraient pouvoir espacer ces naissances voire les limiter mais souvent ne bénéficient pas de services pour y arriver ».
Les recommandations des Nations unies
Le chiffre record atteint par la population mondiale peut être perçu à bien des égards comme une réussite pour l’humanité car les gens vivent plus longtemps et leurs enfants sont plus nombreux à survivre. Mais tout le monde n'a pas bénéficié de ces améliorations, il y a encore de grandes disparités. 215 millions de femmes en âge de procréer n’ont pas accès aux services de planification familiale volontaire et de nombreux jeunes ne disposent pas d’informations pour éviter les grossesses ou se protéger de maladies comme le sida constate l’UNFPA qui en substance préconise, dans son dernier rapport, la baisse du taux de fécondité en encourageant un développement économique et social plus équitable.
Quelle mère patrie pour le sept milliardième enfant de la Terre ? Les Philippines ont tiré les premiers. Le plus jeune Terrien d'un court instant est une fille, née à Manille, dimanche 30 octobre, à 23h58. Le premier cri à peine poussé qu'il est déjà une star, cet enfant de la planète bleue. Car il a été désigné comme le sept milliardième humain. Une fois n'est pas coutume, les fonctionnaires encravatés de l'ONU se sont transformés en papa gâteau et sont venus souffler les bougies à l'hôpital. Danica May Camacho, c'est son nom, porte sur ses épaules le poids d'une démographie mondiale galopante. Avec 94,9 millions d'habitants, les Philippines sont le douzième pays au monde. Plus de la moitié des habitants ont moins de 25 ans. Mais déjà un problème diplomatique se profile pour Danica. Elle a une sœur jumelle, au prénom tout aussi galactique : Nargis a vu le jour, dans le nord de l'Inde, juste avant ou juste après elle. Tout est possible, à l'heure du village global. L'Inde, un pays qui devrait franchir le seuil de 1,25 milliard d'hommes et de femmes en 2025 pour devenir le plus peuplé au monde. Sauf que voilà, pourquoi l'enfant de la Terre ne serait pas un garçon de Kaliningrad ou du Kamtchatka, puisque ces deux régions russes revendiquent également la paternité ? Car Alexandre le déjà grand aux yeux du monde est apparu à 16h19, temps universel, dimanche, sur les rives de l'océan Pacifique. Difficile de trancher, étant donné que le rythme mondial des naissances s'élève à deux par seconde. Nous serons 10 milliards en 2100. Ce qui faisait dire récemment à Ban Ki-moon, très sérieux sur cette affaire : l'enfant « naîtra dans un monde de contradictions. Une abondance de nourriture, mais avec encore chaque soir, un milliard de personnes qui vont se coucher la faim au ventre ». (Avec AFP) |

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(3) Réactions
re
décu pardon ^^
pas cool pour l afrique
la petite phrase qui dit "passant de 800 millions en 2000 à 3,6 milliards en 2100 et ceci malgré le sida" fait un peu dessus. Attention à la dialectique.
sur quoi vous vous basez pour
Sur quoi vous vous basez pour dire que cette petite fille de Manille est le sept milliardième enfant de la Terre. Dans les villages de l'Afrique peut être des enfants y ont vu le monde quelque seconde après elle. Qui sait? Moi je trouve pas votre choix très fondant.