Souha Arafat, une veuve controversée

Souha Arafat, le 23 décembre 1995 à Bethléem
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Souha Arafat continue de faire parler d’elle sept ans après le décès de son mari Yasser Arafat, chef charismatique de l’Autorité palestinienne. Indirectement liée à l’histoire de la Palestine, elle fut souvent critiquée pour son train de vie et soupçonnée de malversations. La Tunisie, pays où elle a longtemps vécu, vient d’émettre un mandat d’arrêt international contre elle.

Souha Arafat, épouse de l’ex-président de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) Yasser Arafat est née en 1963 à Naplouse en Cisjordanie de parents issus de la bourgeoisie chrétienne orthodoxe palestinienne. Elle rencontre Yasser Arafat à Paris par l’intermédiaire de ses parents, engagés dans la cause palestinienne.

Embauchée pour gérer les relations publiques de l’OLP, elle suit Arafat à Tunis où il s’est refugié. En 1990, elle devient officiellement son épouse alors qu’elle est âgée de 27 ans. Ce mariage provoquera un tollé chez les dirigeants palestiniens. L’entourage politique de Yasser Arafat reproche à Souha de distraire le dirigeant de l’OLP, de préférer les paillettes et les mondanités au combat politique. Elle donne naissance en 1995 à une petite fille. Le couple ne vit déjà pratiquement plus ensemble.

Une épouse qui dérange

En 2000, elle quitte la Palestine pour se mettre à l’abri, selon le discours officiel. Officieusement son train de vie et ses déclarations imprudentes (notamment à Hillary Clinton) mettent les dirigeants palestiniens en porte-à-faux. En mars 2002, c’est le siège par l'armée israélienne de la Mouqataa, les bureaux de l’Autorité palestinienne. Souha Arafat qui réside en France ne viendra jamais rendre visite à son mari, reclu pendant trois ans.

En 2003, la justice française s’intéresse à son cas et la suspecte de blanchiment d’argent sur ses comptes bancaires français. Sans que l’affaire aille plus loin. En 2004, elle revient sur le devant de la scène médiatique lors du transfert de son mari en France dans un hôpital militaire. Accusée bien souvent de vouloir écarter Yasser Arafat de ses collaborateurs de l’OLP, elle sera obligée de consentir à la venue des principaux compagnons d’Arafat à son chevet. Et ce sont eux qui organiseront les obsèques au Caire et à Ramallah.

Tunisienne éphémère

Après les funérailles du « raïs », Souha et sa fille se rendent à Tunis et se mettent sous la protection du couple Ben Ali. Une protection « officialisée » par un acte de naturalisation tunisienne le 18 septembre 2006, pour Souha et Zahwa, la fille de Yasser Arafat. Toutes deux deviennent Tunisiennes mais pour peu de temps. Le 2 août 2007, un décret présidentiel leur retire cette faveur. Elles partent alors s’installer à Malte. Que s’est-il passé en un an pour que Souha Arafat devienne l’ennemie de la famille présidentielle tunisienne ?

Des affaires communes notamment concernant des investissements dans une école privée, l’école internationale de Carthage pourrait être à l’origine du conflit. Le lancement de cette école aurait entraîné la fermeture d'un autre établissement scolaire privé, l'école Bouebdelli, plus connue sous le nom de Fondation Louis Pasteur.

D’autres rumeurs évoquent les liens de Souha Arafat avec le colonel Kadhafi et notamment une visite qu’elle lui aurait rendue et au cours de laquelle elle aurait sollicité un soutien financier du leader libyen. Une rencontre qui aurait été perçue par les Ben Ali comme une critique ouverte sur leur protection. Un autre bruit venu de la presse arabe a instillé l’idée que la veuve de Yasser Arafat aurait tenté de mettre une main sur la fortune Ben Ali en épousant le frère de Leila Trabelsi, la femme de l'ex-président tunisien. Un fait démenti par Souha Arafat en 2006.

Fidèle à la cause palestinienne

La veuve du dirigeant de l’OLP est restée fidèle à la cause palestinienne. Sur France 24, alors qu’on l’interroge sur le mandat international qui est lancé contre elle par la justice tunisienne, elle souhaite avant tout réagir à l’admission de la Palestine à l’Unesco comme membre à part entière. « Une victoire », selon elle, après tant d’années d’une lutte menée par son mari défunt. Concernant la décision de Tunis, elle dit qu'on ne l'en a personnellement pas tenu informée et elle a clamé à l’avance son innocence de tous les chefs d’accusation qui pèsent contre elle et dont elle explique qu’elle n'en connaît pas encore le contenu.

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