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Cameroun: la Conac épingle des ministères et administrations pour corruption
La Conac, la Commission nationale anticorruption du Cameroun a publié le 10 novembre 2011 son premier rapport d’activité. Le document dresse un état des lieux de la lutte contre la corruption et des actions menées par cette commission publique créée par décret présidentiel en 2006. Un rapport qui couvre trois exercices : 2008, 2009 et 2010. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la liste des détournements de fonds est extrêmement longue.
Avec notre correspondante à Yaoundé
Selon la Conac, si l’Etat venait à bout de la corruption au ministère des Travaux publics, les ressources budgétaires suffiraient à construire trois fois plus de routes. Dans son rapport, la commission anti-corruption s’est notamment penchée sur le projet de route à Ayos-Bonis, à l’est du pays, siège selon elle, de détournements de fonds massifs et de collusion entre des agents du ministère et l’entreprise qui a remporté le marché.
Le document de 300 pages s’attarde entre autres également sur le ministère des Finances, une administration à « haute intensité de corruption », notamment via de très nombreux agents du Trésor indélicats, dont les noms et fonctions sont d’ailleurs cités en annexe.
Avec ce premier rapport qui fait le point sur trois ans d’activité, la Conac, le récent instrument public de lutte contre les détournements de fonds, entend convaincre de la volonté politique d’éradiquer ce fléau et redorer un peu le blason du pays en la matière.
Le Cameroun, double champion du monde de la corruption, selon le classement de l’ONG Transparency International, se distingue en effet pour sa corruption systémique, et ses autorités sont régulièrement taxées de laxisme. Quant à la fameuse opération « mains propres » qui devrait se poursuivre en 2011, elle est souvent perçue comme un instrument politique.

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