Maroc: législatives anticipées pour répondre aux revendications de la rue

Des jeunes diplômés manifestent contre la vie chère et le chômage, devant le Parlement à Rabat, le 2 novembre 2011. Vont-ils également donner de la voix dans les urnes?
© REUTERS/Stringer

Au Maroc, la campagne pour les élections législatives du 25 novembre a démarré ce samedi. Des élections anticipées pour répondre à la grogne de la rue des derniers mois. Depuis le début du printemps arabe, un certain nombre de Marocains réclament de nouveaux responsables politiques, moins corrompus. Ces élections serviront donc à désigner 395 députés, avec en toile de fond une possible poussée des islamistes modérés.

Avec notre correspondante à Rabat,

«  Le taux de participation : la grande angoisse  », titrait samedi 12 novembre l'un des grands quotidiens marocains. C'est bien l'un des enjeux-clés de ces législatives, savoir si les Marocains vont s'intéresser ou non à ce scrutin. En 2007, le taux de participation avait été de 37% seulement.

Dans un pays où le sentiment général est que le roi fait tout et que le gouvernement est corrompu, beaucoup de Marocains se sont désintéressés des élections. Cette année, les contestataires du 20 février ont d'ailleurs appelé au boycott, les règles du scrutin ne permettant pas, selon eux, un véritable renouvellement de la classe politique.

Pour le roi, la participation sera en tout cas un baromètre de l'efficacité de ces mesures. Ces législatives anticipées sont une concession à la rue qui manifeste depuis le mois de février.

Trois grandes formations se distinguent : d'abord une coalition très hétéroclite de huit partis surnommés le G8 et emmenés par l'actuel ministre des Finances. Ensuite la Koutla, la coalition au pouvoir depuis 1996, composée des socialistes de l'USFP et du parti nationaliste historique de l'Istiqlal. Enfin vient le Parti de la justice et du développement, principal parti d'opposition. La formation islamiste qui n'a jamais gouvernée, apparaît comme le grand favori du scrutin, avec ses thèmes de lutte contre la corruption.