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Une piste nigériane dans l’enquête sur la mort des deux otages français enlevés au Niger
Le ministère français de la Défense a assuré en fin de semaine dernière qu'il coopérait pleinement avec la justice sur l'enquête liée à la mort des deux otages français à la frontière du Mali et du Niger en janvier dernier. Enlevés le 7 janvier, Antoine de Léocour et Vincent Delory ont été tués le lendemain lors d'une intervention des forces spéciales françaises. Dix mois plus tard, de nombreuses zones d'ombre subsistent.
La secte islamiste nigériane Boko Haram, tenue responsable d'attaques meurtrières dans le nord du Nigeria, coordonne ses opérations avec le réseau al-Qaïda, selon des rapports de services de renseignement algériens. C'est ce qu'a déclaré à la presse, hier, le vice-ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Une déclaration qui recoupe certaines informations en provenance du Niger.
C'est la première fois que l'on entend parler, de sources proches de l'enquête, d'une connexion nigériane dans l'enlèvement de Vincent Delory et de Antoine de Léocour. Les deux jeunes Français avaient été enlevés le vendredi 7 janvier 2011 au soir, en plein Niamey, dans le restaurant « Le Toulousain ».
Grâce aux téléphones portables
Les ravisseurs et leurs otages, tous feux éteints, avaient pris la route vers Tillabéry puis vers la frontière malienne. Mais juste à la sortie de Niamey, ils furent victimes d'une crevaison. Sur place, les enquêteurs récupérèrent les jours suivants des cartes téléphoniques. Sur la dépouille des ravisseurs, ils découvrirent aussi des téléphones portables. L'analyse des puces et des cartes leur a permis plus tard de mettre au jour une piste nigéro-malienne qui passe par le Nigeria.
Selon nos informations, les enquêteurs nigériens ont pu recouper des appels passés entre des interlocuteurs basés au Mali, au Niger et au Nigeria. Et parmi les numéros repérés, celui d'un homme connu des services de renseignement pour être l’intermédiaire entre Boko Haram et al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dans ce recoupement d'informations, apparaît un Nigérien, arrêté depuis et toujours incarcéré.
Ce Nigérien a fait ses études à Maiduguri, le fief de Boko Haram. C'est lui qui aurait été chargé du repérage des lieux à Niamey. Les magistrats français saisis de l'enquête souhaitent à présent revenir dans la capitale nigérienne pour analyser ces nouvelles données. Mais à Niamey, on regrette le manque de coopération de Paris. Les juges français n'ont en effet fait suivre aucun acte de procédure à leurs collègues nigériens, malgré un accord d'entraide judiciaire entre les deux Etats.

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