Les ONG dénoncent le contrat pétrolier conclu entre le Niger et la Chine


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L’exploitation du pétrole produit au Niger doit démarrer fin novembre 2011. Mais à Niamey des organisations non gouvernementales ont exigé la révision du contrat conclu avec la société chinoise CNPC qui exploite ce gisement.

C'est le 28 novembre prochain que les premiers barils de pétrole nigérien sortiront de la raffinerie de Zinder à l'est du pays. C'est la Compagnie nationale du pétrole de Chine (CNPC) qui exploite le premier champ pétrolier du Niger situé dans la région de Diffa à Agadem. Cette société a également construit la raffinerie et l’oléoduc qui relie les deux sites.

Selon le gouvernement nigérien, la production de pétrole va atteindre 20 000 barils par jour d'ici six mois. Le pouvoir a un objectif : assurer l'autoconsommation en combustible et gasoil et la réduction du prix du carburant. Pourtant ce projet ne fait pas l'unanimité sur place. Des ONG qui travaillent sur la transparence des ressources minières exigent une révision du contrat entre le Niger et la société chinoise CNPC.

Selon Ali Idrissa, coordinateur du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB), ce contrat avait déjà été dénoncé lors de sa signature en 2008, « quand Tanja (l’ancien président de la République) a cherché à passer en force, en révisant la Constitution pour se maintenir au pouvoir ». Lors de son entretien à RFI, Ali Adrissa a évoqué « des implications graves, des commissions qui ont été rétrocédées dans le cadre de la signature de ce contrat. Aujourd’hui la raffinerie coûte 980 millions de dollars, au lieu de 600 millions comme prévu. Alors que la raffinerie du Tchad a coûté 535 millions, avec plus d’options que la raffinerie du Niger ».

Le ROTAB et d’autres organisations demandent la renégociation pure et simple de tous les termes de ce contrat. « Nous demandons un audit indépendant de tous les coûts de réalisation des infrastructures surfacturées par la CNPC et aussi le respect des engagements vis-à-vis des populations, en les indemnisant par rapport à l’expropriation de leurs terres. », explique Ali Adrissa. Et d'ajouter : « Nous pensons que ou bien le gouvernement est complice, ou le gouvernement doit dénoncer ce contrat et ramener les Chinois autour de la table pour une renégociation, pour un partenariat gagnant-gagnant ».

Les réserves de pétrole du Niger, situées dans l’Agadem, près du Tchad, sont estimées à 480 millions de barils. Actuellement le litre d'essence est vendu à 670 francs CFA et celui du gasoil à 679 francs CFA (1,35 et 1,37 euros respectivement). Niamey a annoncé une baisse de 100 francs CFA (20 centimes d’euro) du litre de l'essence, dès le début décembre. Mais cette baisse n'a pas convaincu les Nigériens, déjà pris à la gorge par la hausse du prix des céréales et par la crise alimentaire, surtout que l'essence est moins chère dans les pays voisins.