Abdallah al-Senoussi, ancien bras droit de Mouammar Kadhafi, arrêté en Libye

Abdallah al-Senoussi, l'ex-chef des renseignements libyen a été arrêté par les nouvelles autorités ce dimanche 20 novembre 2011, au lendemain de l'arrestation de Seif al-Islam Kadhafi.
© Reuters / Paul Hackett

Abdallah al-Senoussi, l'ancien chef des services de renseignement libyens a été arrêté, dans la région de Sabha, dans le sud du pays. Les combattants du CNT l'ont trouvé au domicile de sa soeur. L'information été confirmée, dimanche 20 novembre 2011 au soir, par le porte-parole du Conseil national de transition libyen, au cours d'une conférence de presse à Tripoli. Comme Seif al-Islam, arrêté la veille, Senoussi est recherché par la Cour pénale internationale.  

Abdullah al-Senoussi a été arrêté dimanche 20 novembre 2011 dans la région d’Al-Guira, non loin de la ville de Sabha. C’est dans cette même région désertique qu’avait été capturé Seif al-Islam samedi matin.

L’ancien chef des renseignements libyens se cachait dans la maison de sa soeur. Informée par la population locale, une brigade d’anciens combattants rebelles du sud libyen aurait encerclé la résidence avant de procéder, sans heurt, à son interpellation.
Senoussi était considéré comme le bras droit de Mouammar Khadafi et comme un des principaux acteurs de la répression sanglante des manifestations contre le régime en février dernier.

Le bras droit de Mouammar Kadhafi

Abdallah al-Senoussi est le beau-frère du défunt colonel Kahdafi, l'oncle de son fils préféré, Seif al-Islam arrêté samedi. Agé de 62 ans, il avait le contrôle du renseignement militaire, et donc une position dominante au sein des forces armées.

Condamné à la perpétuité par contumace en France, il a été reconnu coupable d'avoir commandité l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989 et d'avoir fourni les explosifs à l'origine de l'attentat qui avait fait 170 morts.

En Libye il est notamment accusé d'avoir ordonné la fusillade en quelques heures de plus d'un millier de détenus de la prison d'Abou Salim en 1996. Selon Jalil al-Galal, un des porte-parole du Conseil national de transition, «Il a orchestré la plupart des atrocités commises dans le pays durant des années et des années. il est responsable du massacre d'Abou Salim et de bien d'autres exactions». «Abdallah al-Senoussi est une prise importante pour nous, ajoute-t-il. Sa proximité avec le colonel va permettre de clarifier beaucoup de choses et permettra peut-être d'apaiser la douleur de nombreuses familles».

Tout comme Seif al-Islam, Abdallah Senoussi, est depuis le 17 juin sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. La CPI le soupçonne d'avoir été complice du meurtre et de la persécution de centaines de civils dans les premiers jours du soulèvement à Benghazi. Selon la cour, Abdallah al-Senoussi aurait appliqué à la lettre le plan de Mouammar Kadhafi et donné l'ordre de tirer sur les manifestants. En résumé, estime la CPI, l'homme avait le pouvoir de décider si les crimes étaient commis et comment ils seraient commis.

Tout comme Seif al-Islam, il devrait être jugé en Libye selon les déclarations dimanche du vice-président et porte-parole du CNT, Abdel Hafiz Ghoga.