Mali : Un bien étrange négociateur dans la libération des otages français


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Un Français, négociateur dans la libération des otages enlevés en septembre 2010 par Aqmi dans le nord du Niger, a été blessé ce mercredi 23 novembre 2011, dans le nord du Mali. Selon les informations recueillies par RFI, cet homme aurait été légèrement blessé à l'épaule par des hommes armés dans la région de Gao. Il était accompagné d'un élu régional malien.

Le Français blessé ce mercredi 23 novembre 2011 dans le nord du Mali n'est pas un inconnu en Afrique. Colonel de l'armée française, âgé de la soixantaine, il a été durant les années 2000, conseiller militaire du président tchadien Idriss Deby. 

En 2009, son nom est cité dans la disparition de l'opposant Ibni Mahamat Saleh. Selon des proches, il est alors prié de quitter le service de renseignement (Direction générale de la sécurité extérieure) de la France.

Il se reconvertit dans le privé mais continue à intervenir comme conseiller militaire, auprès de chefs d'Etat, notamment en Centrafrique. L'homme, un baroudeur, connaît bien le Sahel et ses hommes.

En décembre 2010, le groupe Vinci le recrute pour négocier la libération des otages enlevés trois mois plus tôt à Arlit au Niger. Selon nos informations il est très bien introduit chez les touaregs. Avec leur aide il a réussi à négocier auprès d'Abou Zeid en fevrier dernier la libération de l'épouse d'un des otages français et des otages togolais et malgache. Mais l'homme ne fait pas l'unanimité.

Selon des témoignages recueillis, ses méthodes de négociation, suscitent la méfiance, tant chez ses partenaires touaregs que du côté de certains ravisseurs : la rançon farfelue de 90 millions d'euros demandée par Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) serait l'une de ses inventions.

Dans un récent article de l'hebdomadaire français Paris Match, il est présenté comme un émissaire trouble. Le colonel reconverti se dirigeait une nouvelle fois vers les ravisseurs des Français ce mercredi. Afin de brouiller les pistes, il est entré dans le pays par le désert malien. Son véhicule évitait les barrages officiels.

C'est en voulant le contraindre à s'arrêter qu'un groupe d'hommes armés a tiré sur la voiture. L'homme a été blessé légèrement à l'épaule et il a été rapatrié par avion sanitaire en France, le jour même. Le véhicule transportait-il d'importantes sommes d'argent ? La réponse viendra peut-être un jour.

Les quatre otages, Daniel Larribe, Thierry Dole, Marc Feret et Pierre Legrand, salariés des groupes Areva et Sagéo-Satom -filiale BPT pour l'Afrique du groupe Vinci- ont été enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit, au Niger. Ils attendent toujours leur libération.

Otages français Niger : Rivalités entre négociateurs. Article Paris Match du 9/11/2011.