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Maroc

Législatives anticipées au Maroc: 45% des électeurs ont voté

Un bureau de vote à Rabat, le 25 novembre 2011.
© REUTERS/Youssef Boudlal

Un peu plus de 13 millions d’électeurs étaient appelés à voter ce vendredi 25 novembre 2011 aux élections législatives anticipées, les premières depuis que le roi a fait modifier la Constitution. Le futur Premier ministre sera issu du parti qui aura remporté le plus de voix. Et le parti Justice et Développement, des islamistes modérés, espère remporter ce scrutin. Ces élections anticipées n'ont pas suscité l'engouement des électeurs, le taux de participation a atteint 45%. Les électeurs ont tout de même été plus nombreux qu'en 2007 à aller voter.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé le taux de participation des élections législatives : 45 % des Marocains inscrits ont votés. « C’est un chiffre transitoire », a dit le ministre. Il est donc susceptible d’être revu à la hausse. Mais si ce chiffre est relativement bas, pour les autorités ce taux de participation est un succès. La mobilisation a été plus importante qu’il y a 4 ans pour les élections législatives. Seul 37%, deux tiers des inscrits s’étaient déplacés.

Pour le pouvoir, c’était l’un des enjeux pour ce vendredi 25 novembre. Montrer que ces élections anticipées, concédées à la rue en réponse à sa grogne, avaient permis de mobiliser les Marocains. Le Maroc veut que ces élections soient historiques et marquent une nouvelle étape de la démocratisation du pays. Avec ce taux de participation, la réforme a la légitimité populaire que les autorités attendaient.

Les élections avaient été boycottées par trois partis de gauche et le Mouvement du 20 février qui réclame des réformes constitutionnelles profondes et une limitation des pouvoirs de la monarchie.

Ces législatives anticipées ont eu lieu cinq mois après l'adoption d'une révision constitutionnelle qui a renforcé les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre.

Reportage de Léa-Lisa Westerhof dans un bureau de vote à Rabah au Maroc

Posté à l’entrée du bureau de vote, cet ingénieur cherche son nom sur la liste des inscrits. Aujourd’hui il a choisi de voter, justement, pour changer l’attitude des hommes politiques : « je fais partie des gens qui n’ont plus confiance en notre système politique. Il est biaisé. Je trouve que la solution n’est pas de rester chez soi et de regarder. Il faut devenir un acteur, un jour ou l’autre. J’espère que cette fois-ci, ce sera la bonne ».

Asmaa étudiante en droit international, elle aussi espère que cette fois le scrutin marquera un tournant : « c’est vraiment une dernière chance. Les gens, sincèrement, ils ne sont pas contents. Il y a un taux de chômage énorme et aussi de la santé, de l’enseignement, donc espérons que ce gouvernement pourra relever ses défis ».

Mais tout le monde n’a pas autant d’espoir. Dehors à quelques mètres de là, Mouad, 24 ans, raconte pourquoi, il ne votera pas : « comment voter pour des gens qu’on voit une seule fois à chaque élection, qui ne tiennent jamais leurs promesses et qui ne nous saluent même pas quand ils passent dans le quartier ».

Au final 45 %, des 13 millions d’électeurs se sont déplacés. Une mobilisation modérée. Mais, plus importante qu’il y a quatre ans. Pour les autorités c’est un succès.
 

 

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