Elections en RDC : violences et incidents se multiplient


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Si la capitale Kinshasa restait calme ce lundi 28 novembre, jour d'élections présidentielle et législatives, deux policiers et une électrice ont été tués à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga (sud-est) dans l'attaque d'un bureau. A Kananga, au Kasaï oriental (centre), fief de l'opposant Etienne Tshisekedi, des bureaux de vote ont été incendiés, des bulletins volés et d'autres déjà mis dans des urnes avant l'ouverture du scrutin.

A la mi-journée ce lundi 28 novembre, le processus électoral semblait globalement chaotique avec une multiplication d’incidents. Les plus graves se sont déroulés à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga (sud-est) : deux policiers et une électrice ont été tués dans l'attaque d'un bureau par des hommes armés en civil. Un peu plus tôt, des rafales d'armes automatiques avaient provoqué un mouvement de panique dans le quartier Njanja, où de nombreuses personnes se sont mises à courir pour se mettre à l'abri. Vers midi, on ignorait encore la provenance et les raisons de ces tirs.

Situation tendue également à Kananga dans la province du Kasaï-Occidental, où une congrégation religieuse est soupçonnée de participer à une opération de fraude en faveur du pouvoir. Une religieuse accusée d’être en possession d’un bulletin déjà pré-rempli a été molestée ; elle a pu s’enfuir en courant vers le couvent. Un peu plus tard, ce couvent a été attaqué à coups de pierres et saccagé. Ensuite, le Grand Séminaire de Malole était à son tour mis à sac.

Des urnes déjà remplies avant les opérations de vote ont été brûlées par la population en colère. D’après des témoins, la Police nationale congolaise n’est pas en mesure de ramener l’ordre.

A Mbuji Mayi, dans le Kasaï-Oriental, des bulletins de vote de la présidentielle ne portent pas le candidat N°11 (Etienne Tshisekedi) en bas de page : « problème de découpe », dit-on à la Céni.

Dans le Bandudu, les villes de Tembo et Banzi n’avaient pas reçu le matériel électoral ce matin. Un avion de l’armée congolaise a décollé de Kinshasa, mais à court de kérosène, il a dû se poser sur le terrain de Kikwit où il s’est retrouvé bloqué faute de carburant disponible.

A Beni, dans le Nord Kivu, la population de la ville est inquiète suite une évasion massive à la prison de la ville ce matin à 6H00. Quelque 429 détenus se sont échappés, dont 126 prisonniers militaires. Les policiers commis à leur garde ont été tués. Le nombre de victimes n’est pas encore connu.

Dans la capitale Kinshasa, la situation reste calme. Tous les bureaux ont ouvert en retard à l’exception de ceux du quartier central de la Gombe où Joseph Kabila a voté ce matin. Dans les quartiers populaires de l’est de la ville, certains bureaux n’étaient toujours pas ouverts en fin de matinée. A Masina, on trouvait les bulletins des législatives, mais pas ceux de la présidentielle.