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Maroc: Abdelilah Benkirane, un islamiste «monarchiste»


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Le roi Mohammed VI du Maroc a nommé ce mardi 29 novembre 2011 comme Premier ministre Abdelilah Benkirane, le chef du parti islamiste modéré Justice et développement (PJD), vainqueur des législatives de vendredi dernier. Le PJD qui a obtenu 107 sièges dans les élections législatives anticipées du 25 novembre va pour la première fois diriger un gouvernement de coalition, sous le contrôle du roi, comme le veut la constitution marocaine.

Ses adversaires, qu’ils soient de gauche ou libéraux, ne manquent jamais de pointer ses propos hostiles à la laïcité, à la culture berbère et aux homosexuels. Lors du festival Mawazine de Rabat en 2010, Abdelilah Benkirane avait ouvertement appelé à l'interdiction d'un spectacle du chanteur britannique Elton John, pour « ne pas homosexualiser le Maroc ».

À 57 ans, cet ancien membre de la Chabiba islamiya (Jeunesse islamique), une organisation clandestine islamiste qui lutta violemment contre les mouvements de gauche dans les années 1970-1980, a tempéré son discours. Double discours disent certains, radical devant ses partisans, plus consensuel face au grand public.

Abdelilah Benkirane est issu d’une famille proche de l’Istiqlal, le Parti de l’indépendance, pilier nationaliste de la politique marocaine. Partisan très jeune d’un islam rigoriste, il regroupe, dans les années 90, plusieurs associations et mouvements liés à l’islamisme jusqu’à la création, en 1998, du Parti justice et développement (PJD). Faisant de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, Abdelilah Benkirane est depuis 1997 député d’une circonscription populaire de Salé, ville voisine de Rabat la capitale.

« Il faudra travailler directement avec Sa Majesté »

Sa formation se dit de « référence islamique » mais aussi « monarchiste », allégeance obligée dans un pays où le trône est sacré. Lors de sa première participation à des législatives en 1997, le PJD n'avait obtenu que huit sièges. Aux élections de 2002, les premières du règne de Mohammed VI, il passe à 42 sièges et devient le premier parti de l'opposition parlementaire. Au scrutin de 2007, il atteint le score de 46 députés tout en s’abstenant de présenter des candidats dans tout le pays. Cette poussée progressive lui a permis de ne pas effrayer le pouvoir. Aujourd’hui, il arrive en force à la Chambre avec 107 députés sur 395, soit 27% des parlementaires.

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Après sa victoire, devant le siège de son parti où régnait une ambiance festive, Abdelilah Benkirane a déclaré : « Notre objectif est d'assurer la stabilité du pays, tout en revendiquant des réformes avec fermeté ». Le futur Premier ministre a ajouté, prenant soin de concilier prudence et volontarisme : « Les Marocains insistent pour garder leur monarchie, mais ils veulent qu'elle évolue avec eux (…) Déjà on a une nouvelle constitution qui donne des prérogatives plus importantes au gouvernement et à son chef, maintenant, il faudra travailler directement avec Sa Majesté.  ». Et de conclure : « Désormais, les Marocains vont sentir que c'est l'Etat qui est à leur service et pas (l'inverse). Ça, c'est très important pour nous. »

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