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Elections en RDC: les partis se positionnent en attendant les résultats
Deux jours après le vote, qui se poursuit encore dans certains endroits, les premières estimations commencent à circuler dans les états-majors des candidats à la présidentielle. L’ambiance n’est pas la même partout. Par ailleurs, la compilation des résultats a commencé, et de graves dysfonctionnements sont d'ores et déjà à signaler.
Avec nos envoyés spéciaux à Kinshasa
Dans le camp Kabila, on affiche la sérénité. Officiellement, on ne donne pour l’instant aucun résultat, mais on se dit sûr de la victoire avec une avance raisonnable sur Etienne Tshisekedi. Un haut responsable de la majorité présidentielle concède toutefois qu’il est surpris par la percée de l’opposant historique.
Dans le camp Tshisekedi, on se dit tout aussi sûr de la victoire, et on l’affirme publiquement. Hier, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’UDPS a déclaré que les premiers chiffres de son état-major donnaient une telle avance à son candidat qu’il ne pouvait plus être rattrapé.
Dans le camp Kamerhe et dans celui de Kengo, la déception est perceptible. Beaucoup d’électeurs de l’opposition semblent avoir eu le réflexe du vote utile en faveur de Tshisekedi, et les autres opposants en feraient les frais.
Un signe qui ne trompe pas : hier, sur la base des multiples incidents qui ont émaillé le scrutin, Vital Kamerhe et Kengo Wa Dondo, ainsi que Mbusa Nyamwisi et Adam Bombolé, ont réclamé l’annulation des deux élections présidentielle et législatives de ce lundi.
Au contraire, le camp Tshisekedi souhaite la poursuite du dépouillement des quelque 63 000 procès-verbaux de bureaux de vote, mais demande à ses troupes la plus grande vigilance face à toutes les tentatives de fraude.
Graves dysfonctionnements dans le travail de compilation des résultats |
Avec notre envoyé spécial A l’école Bokolo, la fièvre du vote est retombée. Le dépouillement s’est fait sous le contrôle des électeurs. Quelques uns ont même passé la nuit de lundi à mardi sur place, et hier matin, de nombreuses personnes venaient vérifier l’affichage des résultats et calculer les scores des différents candidats. Mardi matin, les agents électoraux et les témoins des partis étaient satisfaits du travail accompli mais fatigués. « Tout se passe très bien, sauf que nous sommes laissés à notre triste sort. Nous avons fait deux jours sans eau et sans nous mettre quelque chose sous la dent », assure le président d’un bureau de vote. Alors que les camions remplis de bulletins et de procès verbaux souvent non scellés déchargent leur cargaison, un agent de la Céni tente tant bien que mal de contrôler les précieux arrivages laissés sur la pelouse à la merci de la pluie et de toutes les malveillances. « C’est pas normal, le travail est effectué à la hâte. J’ai perdu un colis de la présidentielle. Arrivé ici je l’ai cherché mais je n’arrive pas à le retrouver ». Comme un symbole, un grand sac blanc rempli de bulletins est posé à l’entrée du hangar. Dessus est inscrit au feutre bleu « dépitation nationale ». |

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