Egypte : l'armée vient à la rescousse des finances de l'Etat

L'armée vient d'octroyer un prêt d'un milliard d'euros à la Banque centrale égyptienne.
© REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Alors que les élections législatives accaparent tout l’espace médiatique, les finances de l’Etat égyptien sont au plus bas. Et c’est l’armée qui met la main à la poche. Cette institution richissime a accordé un prêt d’un milliard de dollars à la Banque centrale qui est au bord de la cessation de paiement. Il ne reste que 22 milliards de dollars dans ses caisses, c'est-à-dire en gros de quoi couvrir trois mois d'importations de marchandises.

La semaine dernière, l'agence Standard and Poor's a tiré la sonnette d'alarme sur la mauvaise santé financière du pays en dégradant la note souveraine de l'Egypte.

Avec le déclenchement du « printemps arabe », les comptes du pays se sont brutalement détériorés. L'armée, contestée dans la rue, reste un pilier du régime parce qu'elle assure la transition mais aussi et surtout parce qu'elle dispose d'un grand pouvoir économique. Le corps des officiers dirige un véritable empire industriel très diversifié, de l'alimentation au tourisme en passant par l'immobilier ou le carburant. La marque d'eau minérale la plus connue en Egypte, Safi, est produite et vendue... par l'armée.

Pour assurer leur essor, le cadre juridique des entreprises militaires a été aménagé, elles ne paient pas d'impôt et sont exemptées de multiples règles. D'après l'estimation d'un économiste américain de l'université de la défense nationale américaine, les groupes contrôlés par l'armée produisent 10% à 15% du PIB annuel du pays.