A Durban, c'est à partir de lundi que se joue l'avenir du protocole de Kyoto

6 500 personnes ont défilé dans les rues de Durban pour réclamer « une justice climatique » et non « un apartheid climatique », samedi 3 décembre 2011.
© REUTERS/Mike Hutchings

A mi-parcours de la conférence sur le climat de l’ONU qui se tient à Durban depuis le lundi 28 novembre, la partie est loin d’être gagnée. Les choses sérieuses doivent commencer demain lundi. Pour l'instant, les pays émergents et les Etats-Unis freinent des quatre fers, tandis que l’Europe fait montre de bonne volonté.

Après une première semaine de discussions entre experts, 130 ministres et quelques chefs d’Etat arrivent lundi à la conférence sur le climat de l'ONU à Durban pour essayer de tomber d'accord sur la direction à donner à la lutte contre le réchauffement climatique.

Objectif : prolonger le protocole de Kyoto qui expire fin 2012, c’est-à-dire à ce jour, le seul traité vraiment contraignant concernant les réductions de gaz à effet de serre. Et surtout éviter que Durban ne tourne au fiasco comme le sommet de Copenhague en 2009, où aucun accord n’avait été adopté.

Blocages

Si la première semaine de négociations s'est déroulée sans encombres : aucun blocage à signaler. La route est encore longue jusqu'à la fin de la conférence, vendredi soir.

Pour le moment, c’est bien simple, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, c’est-à-dire les plus grands émetteurs de CO2, ne sont pas prêts à accepter des objectifs de réduction contraignants.

La Chine semble la plus encline à bouger, mais elle refuse de faire des concessions tant que les Etats-Unis n’en font pas. Et la semaine dernière, les négociateurs chinois ont indiqué que leur pays ne pourrait faire des efforts supplémentaires « qu’à partir de 2020 », quand leur pays serait « plus développé ».

Le coup de poker de l’UE

Dans ce contexte, l’Union européenne, qui représente 11% de la totalité des émissions de gaz à effet de serre, tente un coup de poker. Elle s’est en effet dite prête à souscrire une nouvelle période d’engagement dans le cadre du protocole de Kyoto au-delà de 2012, histoire de sauver le seul accord concret que des pays n’aient jamais pris sur le réchauffement climatique. Mais aucun pays, ni le Japon, ni la Russie, ni le Canada, ne l’a suivie dans cette aventure.

En contrepartie, l’idée de l’UE est d’exiger une « feuille de route » qui imposerait à l’horizon 2020 à tous les pays – et pas seulement à la quarantaine de pays industrialisés concernés actuellement par le protocole de Kyoto - des objectifs de réductions des émissions de CO2.

Mais difficile de savoir si la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre mais aussi les Etats-Unis au deuxième rang et l’Inde, sont prêts à faire, dès maintenant, un pas vers des objectifs contraignants. Vœux pieux ou pas, l’UE en a fait la condition à la poursuite de ces engagements dans le cadre du protocole de Kyoto.

Signe peut-être quand même d’une inflexion dans ce sens, ce dimanche, la Chine, par la voix de son ministre Xia Zhenhua, le principal responsable chinois des questions climatiques, a posé ses conditions à un tel accord. Elle demande notamment que l’UE et d’autres pays prennent de nouveaux engagements dans le protocole de Kyoto. Les Chinois souhaitent aussi un processus pour accompagner le passage des 10 milliards annuels prévus pour la période 2010-2012 aux 100 milliards promis par les pays industrialisés à l’attention des pays en développement à partir de 2020.

En tout cas, Christiana Figueres, la responsable climat de l’ONU est plutôt « confiante ». Selon elle, la conférence de Durban devrait permettre d’acter « les décisions les plus fortes que nous n’ayons jamais eues » pour faire face aux changements climatiques.

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