Ethiopie-Icasa 2011 : maintenir et développer le rôle des Etats dans la lutte contre le sida

République du Soudan du Sud, 1er décembre 2011. Journée mondiale contre le sida. Des casques bleus de l'Unamiss défilent avec des militaires de l'armée du Soudan du Sud pour promouvoir la lutte contre le sida.
© © Nations unies

La conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles (MST), Icasa, se tient du 4 au 8 décembre 2011 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Près de 10 000 personnes, membres d'associations locales, organisations non gouvernementales internationales, agences des Nations unies, médecins, chercheurs y participent. Les organisateurs plaident pour une implication plus grande des États africains et incitent les Occidentaux à maintenir leur soutien en dépit de la crise économique mondiale.

Appropriation, renforcement et pérennisation, tel est le thème de la 16e édition de ce qui constitue l'un des grands rendez-vous africains de lutte contre le sida et les MST. En choisissant ce thème, les organisateurs de l'Icasa 2011 veulent mettre l'accent sur la nécessité de poursuivre la lutte contre le sida et de l'implication des États. Dans leur discours d'ouverture ce 4 décembre 2011, plusieurs personnalités ont insisté sur la part de responsabilité que les États africains avaient à prendre dans ce combat.

L'ancien président américain George W. Bush a souligné que le financement de la lutte contre le sida par les seuls pays développés ne suffirait pas, tout en exhortant les États-Unis à maintenir leur aide financière en dépit de la crise économique.

Mélès Zenawi, le président du pays hôte a également encouragé les dirigeants africains à ne pas se satisfaire de la « lueur d'espoir », née de la réduction du taux de prévalence du sida sur le continent et à « relever le combat dans les années à venir ».

Un meilleur accès aux soins pour les homosexuels

En dépit des protestations des autorités religieuses éthiopiennes, toutes mouvances confondues, près de 200 militants de l'association AMSHER (acronyme anglais pour les Hommes africains pour les droits et la santé sexuelle), originaires de 25 pays africains, ont participé en préambule à une réunion sur les problèmes que rencontrent les homosexuels dans l'accès aux centres d'accueil et de soutien aux malades.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant l'hôtel où se tenait la rencontre : « Accueillir une telle rencontre dans ce pays est un mépris pour la culture et les valeurs morales de sa population », disait un tract distribué aux journalistes, indiquant que cette réunion « salit notre culture ».

« Les manifestants pensent que la réunion fait la promotion de l'homosexualité et l'encourage alors qu'il ne s'agit que de demander l'égalité d'accès aux services et aux soins de santé pour les homosexuels  », indiquait un participant.

Ce lundi 5 décembre, l'Icasa consacrait l'une de ses séances à la situation des homosexuels africains.

Dans le monde, 75 pays pénalisent l'homosexualité. Parmi eux, le Cameroun, où les homosexuels encourent une peine allant de 6 mois à 5 ans de prison.

« Les homosexuels sont emprisonnés soit parce qu'ils sont dénoncés, soit parce qu'on a une apparence, pire qu'une chasse aux sorcières !, s'indigne Parfait Behen de l'association Alternative Cameroun, les homosexuels sont jetés en pâture parce que la politique n'a actuellement pas grand-chose à donner à la population et on se cabre sur les homosexuels pour distraire les gens ».

Cette stigmatisation pèse aussi lourdement sur la contamination. Il est difficile de prévenir ou de soigner la maladie chez des populations qui se cachent comme le rappelle Caroline Testud, d'Acord, l'Association de coopération et de recherche pour le développement : « La double stigmatisation fait qu'il y a une réticence. Les gens ne vont pas faire le test (..) et il y a également une réticence au sein des services médicaux pour traiter et donner le même niveau et la même qualité de services qu'à une personne que l'on va qualifier de "normale". On est dans la marginalisation ».

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