Des réactions divergentes à Madagascar après la visite officielle de Rajoelina à Paris


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A Madagascar, la mouvance d’opposition de l’ex-président Ravalomanana juge que la visite d’Andry Rajoelina à l’Elysée était « prématurée ». Le président de transition a rencontré Nicolas Sarkozy mercredi 7 décembre, deux ans et demi après sa prise de pouvoir en mars 2009 et la suspension de Madagascar des organisations internationales. Cette visite est un symbole fort pour la transition malgache en quête de reconnaissance internationale. Et dans la classe politique, les réactions après cet événement divergent.

Correspondance à Antananarivo, Marie Audran

Ce qui est sûr, c’est que cette visite officielle n’a étonné personne. La France a toujours soutenu ardemment le processus et la feuille de route, et il s’agirait là d’une nouvelle manière d’aider Madagascar à sortir de la crise. C’est l’interprétation de l’Escopol, plate-forme de partis dits « centristes » dont est membre Sylvien Tsivaka Raharison, élu hier vice-président du Congrès de transition : « C’est la reconnaissance sur le plan international, parce que le président a été reçu par le président de la France, et ça c’est un signe vraiment positif pour Madagascar, pour la sortie de la crise. »

Un signe positif, mais non un sésame. Tous sont conscients du long chemin qu’il reste à parcourir avant que des élections fassent réellement sortir le pays de la crise. Pour Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, cette visite à l’Elysée intervient donc trop tôt : « Il me semble qu’il était prématuré de la part de la France d’inviter M. Rajoelina alors que les institutions de la transition ne sont même pas encore en place. Il manque notamment les bureaux permanents, les présidents de commission des deux chambres du Parlement, il manque la Céni. »

La Céni, la Commission électorale nationale indépendante, doit être reformée en vue d’élections législatives et présidentielles en 2012. Quant au Parlement, Mamy Rakotoarivelo a été élu président de la Chambre basse, mais ses compagnons de mouvance menacent de quitter la Chambre haute s’ils n’obtiennent pas des sièges dans le bureau de l’institution.

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