Republier
Burundi

Burundi: des zones d’ombre subsistent dans le procès des auteurs présumés du massacre de Gatumba

L'enterrement d'un homme tué dans le massacre de Gatumba, le 19 septembre 2011.
© Reuters/Jean Pierre Aime Harerimana

Le procès des auteurs de l’attaque du 19 septembre 2011 de Gatumba, une cité touristique des environs de Bujumbura, s’est poursuivi hier vendredi 9 décembre au tribunal de grande instance de la capitale burundaise. Vingt et une personnes comparaissent sous l’accusation du meurtre de 39 personnes. Assiste-t-on au procès des vrais auteurs de ce massacre, semblent s’interroger les parties présentes dans le tribunal.

Avec notre correspondant à Bujumbura

En deux jours, douze des vingt et une personnes accusées d’être les responsables de ce massacre ont été entendues. Effet troublant : aucun n’est poursuivi par le ministère public pour avoir participé directement à l’attaque qui visait le bar « Chez les amis ». Un des avocats de la défense, maître Javien Salimaana, exprime ses doutes : « Jusqu’à présent, on ne voit pas un auteur qui est poursuivi, il n’y a que des soit-disant complices qui tantôt ont donné de la nourriture, tantôt des policiers qui n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé à Gatumba. Pour nous c’est une aberration pure et simple ».

La même frustration est ressentie par les familles des victimes. Des dizaines de personnes qui passent toutes leurs journées dans une salle d’audience bondée, avec le secret espoir de connaître enfin la vérité sur ce qui s’est passé ce soir-là à Gatumba, comme en témoigne cette veuve :

« Ce qui se passe ici est décevant pour nous qui avons perdu les nôtres. Jusqu'ici, rien n'est venu nous éclairer sur ce qui s'est passé. Ceux qui ont comparu ne disent pas la vérité. Nous voulons que la vérité éclate au grand jour, que les vrais coupables paient pour leurs crimes, car nous les veuves de ce massacre vivons toujours dans la douleur ».

Le procureur, Arkad Némouona, s’est contenté d’accuser jusqu’ici un mystérieux groupe armé, dirigé par un ancien commandant des ex-rebelles des FNL (Front national de libération), qui s’est ensuite volatilisé dans la nature. Mais beaucoup de zones d’ombre demeurent sur l’identité de cet homme qui aurait été arrêté par la police, puis relâché quelques temps avant cette attaque.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.