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Afrique

Liberia Ellen Johnson Sirleaf

Ellen Johnson Sirleaf à Oslo pour recevoir son prix Nobel de la paix

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Trois femmes pour un Nobel. Les trois lauréates du prix Nobel de la Paix 2011 sont à Oslo ce samedi 10 décembre 2011 pour recevoir leur prestigieuse récompense des mains du président du comité Nobel. Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkol Karman ont été distinguées « pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix ». Un prix qui dans le cas d'Ellen Johnson Sirleaf, la présidente fraîchement réélue du Liberia, ne fait pas l'unanimité.

Avec notre correspondante à Monrovia,

En choisissant Ellen Johnson Sirleaf, le comité Nobel a visiblement oublié le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation du Liberia. Ce rapport inscrivait en 2009 la présidente libérienne sur la liste des personnalités de ce pays à exclure de la vie politique pour 30 ans en raison du soutien financier qu'elle a apporté à Charles Taylor au tout début de sa rébellion.

Le comité avait peut être aussi oublié que l'annonce du prix Nobel aurait lieu cette année quatre jours avant la présidentielle au Libéria, où Ellen Johnson Sirleaf briguerait un nouveau mandat. C'était il y a deux mois. Et cette distinction pour la première femme africaine chef de l'Etat en pleine compétition électorale en a laissé plus d'un perplexe.

Winston Tubman, son adversaire principal, l'a très mal vécu, dénonçant une provocation. Certains ont soupçonné un coup de pouce de la communauté internationale, voire des Etats-Unis, à la présidente libérienne très proche d'Hillary Clinton.

De fait, Ellen Johnson Sirleaf, diplômée d'Harvard, ancienne cadre de la Banque mondiale et de l'ONU, jouit d'un réel prestige à l'étranger, d'autant qu'elle a entamé de profondes réformes institutionnelles dans un pays dévasté par 14 ans de guerre civile.

La Dame de fer du Liberia est moins consensuelle chez elle. Ses opposants l'accusent de ne pas avoir su réconcilier le pays. Mais avec son profil de battante, ministre dès les années 1970, emprisonnée par deux fois dans les années 80, elle a gagné le respect de beaucoup également au Liberia.

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