Zimbabwe: Robert Mugabe entend poursuivre la politique d'expropriation des fermiers blancs

Photo non datée du président du Zimbabwe, Robert Mugabe.
© Reuters

Quelque 3 000 délégués de la Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe, président du Zimbabwe, étaient réunis samedi 10 décembre 2011 lors d’un congrès à Bulawayo, au sud-est du pays. La question de la restitution des ressources naturelles à « ses vrais propriétaires », les Zimbabwéens, a figuré en bonne place. Mugabe persiste donc à vouloir exproprier les derniers fermiers blancs. Son pays comptait près de quatre mille agriculteurs blancs il y a douze ans. Depuis la violente réforme agraire, ils ne sont plus que quelques centaines.

Dans un mémo distribué à ses partisans et relayé par la presse officielle, Robert Mugabe préconise de redistribuer les fermes qui sont encore détenues par des agriculteurs blancs au Zimbabwe. La signature de l'accord sur le partage du pouvoir avec le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) en septembre 2008 ne proscrit pas les expropriations des fermiers blancs, qui ont pourtant soutenu financièrement le parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai.

En revanche, les saisies s'effectuent parfois manu militari en dehors de tout cadre légal, et visent parfois des fermes appartenant à des ressortissants sud-africains, ce qui a généré ces derniers mois des tensions entre Harare et Pretoria. Les deux capitales ont en effet signé un accord binational censé protéger les investissements sud-africains dans l'ancienne Rhodésie du Sud.

La production agricole du Zimbabwe, l'ancien grenier du continent, s'est effondrée en l'espace d'une décennie suite à la réforme agraire de Mugabe, entraînant dans sa chute tout le secteur agro-industriel du pays, et menant à de graves pénuries alimentaires.

La réforme de Mugabe qui dirige son pays d'une main de fer depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, n'a pas favorisé l'émergence d'agriculteurs noirs. Dans la plupart des cas, les fermes saisies ont été remises à des caciques du régime qui les ont laissées à l'abandon.

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