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RDC

RDC: Joseph Kabila président, une proclamation surprise

Joseph Kabila, président de la RDC, le 18 octobre 2011.
© AFP/Gwenn Duborthomieu

A 40 ans, Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. L’annonce a été faite hier soir vendredi par la Cour suprême de justice, en avance sur le calendrier prévu. Joseph Kabila est crédité de 48,95 % des voix. La demande de l'opposition qui réclamait l'annulation des résultats a été rejetée.

Avec notre correspondant  à Kinshasa

Les perdants ont une place dans la République comme tous les autres opérateurs politiques

Aubin Minaku
17-12-2011 - Par RFI

La situation était calme ce samedi 17 décembre à Kinshasa. Les gens, pour la plupart, ont appris « la surprise » ce matin. Sans autre cérémonial qu’un petit coup de clochette marquant le début de l’audience, la proclamation du vainqueur a été faite dans la plus grande discrétion. Il n’y a pas eu d’annonce, pas de direct à télévision.

La crainte de troubles est sans doute à l‘origine de cette proclamation surprise. Les quelques journalistes et rares hommes politiques qui ont assisté à cette audience étaient venus surtout pour attendre le jugement sur le recours déposé la veille par le candidat Vital Kamerhe. Certes, quelques rumeurs avaient couru dans la soirée sur le fait qu’il pourrait y avoir proclamation, mais sans plus.

Je défie la Cour suprême de nous dire si elle a vérifié les 63 000 PV de bureaux de vote

Albert Moleka
17-12-2011 - Par RFI

Dans le climat de tension de la capitale, dont l’électorat est en grande partie acquis à l’opposition, cette annonce surprise a permis d’éviter que les contestataires s’organisent. Cela a donc amené à cette situation paradoxale d’un pouvoir qui, au lieu de clamer sa victoire, l’annonce doucement, pour faire en sorte que le moins de gens possible le sachent.

La cérémonie de prestation de serment est prévue mardi 20 décembre. Des chefs d’Etats africains sont invités. Les européens et autres occidentaux seront représentés au niveau des ambassadeurs, sauf la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, qui devrait envoyer son ministre des Affaires étrangères.

En tout cas, il faut noter qu’après bien des péripéties, le calendrier électoral est revenu exactement sur les rails. La date des élections a été respectée et celle de la prestation de serment le sera aussi, telle qu’elle avait été annoncée par la Céni au mois d’avril dernier.

Le recours déposé par Vital Kamerhe déclaré non fondé

Selon la Cour, Kamerhe n’apporte pas la preuve que des bulletins de vote étaient déjà en circulation avant et le jour du scrutin. Il n’apporte pas non plus la preuve que les témoins aient été entravés dans leur mission dans les bureaux de vote et lors du transport des bulletins vers les centres de compilation. Sur le manque de sincérité des résultats, la photocopie d’un PV n’est pas jugée valable.

Enfin, Vital Kamerhe avait mis en doute le résultat spectaculaire d’une région du Katanga où Kabila a réalisé strictement 100% des suffrages, aucune voix pour un autre candidat. Un résultat jugé invraisemblable par les plaignants. En réponse, l’arrêt de la Cour suprême stipule simplement « qu’il n’est pas interdit à un candidat de remporter la totalité des voix ».

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