Egypte: selon l'armée, les manifestants sont des «casseurs et des drogués»


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De nouveaux affrontements ont éclaté la nuit dernière aux abords de la place Tahrir du Caire entre les forces de l'ordre égyptiennes et des centaines de manifestants hostiles à l'armée au pouvoir qui a construit un mur de béton pour empêcher l'accès sur la place. L'ONU a dénoncé l'usage excessif de la force de la part de l'armée et de la police, 10 personnes au moins sont mortes dans ces violences depuis vendredi. « A bas Tantaoui », ont scandé les manifestants en désignant le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, ministre de la Défense d'Hosni Moubarak pendant 20 ans et désormais chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) supervisant la transition.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

L’armée a « héroïquement rempli sa mission consistant à défendre les édifices et biens de l’Egypte contre une conspiration visant à saper les bases de l’Etat ».

Le général Adel Omara du Conseil suprême des forces armées a, une fois de plus, accusé sans les nommer des puissances étrangères et des parties locales de chercher à semer la zizanie entre le peuple et l’armée. Il a aussi accusé, toujours sans les nommer, certains médias égyptiens et étrangers de « verser de l’huile sur le feu ».

Selon lui, les militaires qui défendaient le périmètre comprenant le siège du gouvernement, le Parlement et le ministère de l’Intérieur, ont été systématiquement attaqués par des saboteurs payés et armés. « Des enfants des rues, des casseurs et des drogués », a-t-il précisé.

Le général a ensuite projeté les images télévisées d’interrogatoires de mineurs qui, le visage tuméfié, avouaient avoir été payés pour fabriquer des cocktails Molotov ou jeter des pierres sur l’armée. Le général a par contre indiqué qu’il n’avait « aucune information » sur les violences contre les journalistes et la destruction ou la confiscation de leur matériel.