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Burundi

Au Burundi, le fantôme de la guerre civile

La capitale Bujumbura est régulièrement en proie aux violences. Le 18 septembre dernier, un groupe d' hommes armés avaient ouvert le feu dans un bar, causant la mort de 37 personnes.
© Bobby Model/National Geographic

Mardi 20 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a fait part de sa « grande inquiétude » quant à la multiplication des violences au Burundi, en citant notamment les cas d'exécutions extra-judiciaires, de torture et de privation de libertés civiles. Cette déclaration, qui vient après celle de l'Eglise catholique, il y a quelques jours, continue de susciter trois jours plus tard une forte émotion parmi la population.

Avec notre correspondant à Bujumbura,

Le gouvernement burundais est apparemment dans le plus grand embarras, depuis l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de cette nouvelle résolution sur le Burundi condamnant les violations de plus en plus massives des droits de l’homme dans ce pays.

Porte-parole du gouvernement, ministres, personne n’a voulu réagir au nom du pouvoir, mais les gens n’en pensent pas moins : « Je vis tous les jours ce qu'a décrit le Conseil de sécurité. C'est une honte de voir des gens arrêtés par les forces de sécurité, puis de les retrouver à l'état de cadavre plus tard. Et c'est vrai, tout le monde se rend compte que le pays va tout droit dans un gouffre. »

Cette opinion anonyme a été reprise par des dizaines de personnes dans les rues de Bujumbura, des personnes qui ont toutes l’impression que l’histoire est en train de bégayer au Burundi.

Depuis les élections générales de 2010, boycottées par l’opposition, la multiplication des violences fait craindre une reprise des hostilités dans ce pays marqué par une longue guerre civile, ce qui explique la grande préoccupation de l’ONU, partagée par la société civile burundaise.

A la tête d’une plate-forme de l’opposition qui regroupe quelque 150 associations, Pacifique Nininahazwe confie qu' « en ce moment, il n’y a pas de signe qui pourrait nous permettre d’être optimistes. Nous trouvons qu’ils sont toujours campés sur leurs positions et nous en appelons à la responsabilité de tous les acteurs politiques burundais, pour éviter que ce pays retombe une nouvelle fois dans les affres de la guerre. »

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