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Article publié le : samedi 24 décembre 2011 - Dernière modification le : samedi 24 décembre 2011

Tunisie: le nouveau gouvernement inquiète société civile et syndicats

Rafik Abdessalem, le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères durant la présentation du nouveau gouvernement, le 22 décembre 2011.
Rafik Abdessalem, le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères durant la présentation du nouveau gouvernement, le 22 décembre 2011.
REUTERS/Zoubeir Souissi

Par RFI

L'Assemblée constituante tunisienne a accordé sa confiance au nouveau gouvernement ce vendredi 23 décembre. La majorité des voix (154 votes pour) a été acquise après un seul débat d'une journée. Dans la société civile du pays, on exprime cependant certaines réserves sur cette nouvelle équipe. C'est le cas de la Ligue des droits de l'homme et du syndicat UGTT, la centrale syndicale qui a joué un rôle important dans la révolution. Un ministère en particulier pose question : celui des Droits de l'homme.

La Ligue des droits de l'homme a réuni, ce vendredi 23 décembre, son comité directeur. Elle a exprimé ses inquiétudes au sujet du tout nouveau ministère des Droits de l'homme confié à Samir Dilou, un membre du parti islamiste Ennahda, qui sera aussi le porte-parole du gouvernement.

Me Abdelfattah Benmoussa, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme ne comprend pas l'objectif du gouvernement concernant ce ministère. Pour lui, c'est à la société civile d'assurer le respect des droits de l'homme et de faire pression sur les autorités. Me Abdelfattah Benmoussa craint qu'il ne serve d'outil pour travailler l'image du gouvernement dans un sens favorable. 

Me Abdelfattah Benmoussa,

Président de la ligue tunisienne des droits de l'homme.

C'est à la société civile de faire respecter les droits de l'homme, de faire pression sur le gouvernement. Ce qu'on craint de ce nouveau ministère des droits de l'homme, c'est qu'il serve à embellir la façade du gouvernement. Nous sommes contre tout ça.

 

24/12/2011 par Marie-Pierre Olphand

Au sein de l'UGTT, la centrale syndicale qui a joué un rôle majeur dans la révolution, on s'interroge plutôt sur le programme social et économique de la nouvelle équipe ainsi que la politique à venir des islamistes d'Ennahda. Mahmoud Achour, porte-parole de la section UGTT Tunis, n'arrive pas à se projeter dans l'avenir avec ce nouveau gouvernement. « On ne connait pas leur politique en matière d'économie, de chômage. Ces gens n'ont jamais pris le pouvoir. On verra bien. On va essayer de collaborer ». Mahmoud Achour s'inquiète aussi du respect des droits syndicaux, notamment le droit de grève.

 

Mahmoud Achour,

Porte-parole de la section UGTT Tunis, la centrale syndicale qui a joué un rôle important dans la révolution.

On demande à ce que la Constituante ne touche pas aux droits de l'homme, au droit de la femme, de la grève. On ne sait pas ce qu'ils vont faire. C'est des gens qui n'ont jamais gouverné.

 

24/12/2011 par Marie-Pierre Olphand

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