La secte Boko Haram revendique les attentats de Noël au Nigeria

A Madalla, près d'Abuja, l'attentat a provoqué des scènes de chaos et endommagé l'église Sainte Theresa.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

La fête de Noël a été endeuillée au Nigeria par plusieurs attentats contre des églises dans le nord-est du pays. Attentats qui ont fait au moins 40 morts dont 3 policiers et 1 kamikaze tués dans l'une de ces attaques à Damataru. La secte Boko Haram qui prône la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria a revendiqué toutes ces attaques.

L'attentat le plus meurtrier a fait 30 morts selon le dernier bilan. Il s'est produit à l'extérieur d'une église catholique, à la fin de la messe de Noël, à Madalla, une banlieue d'Abuja, la capitale fédérale.

C'est aussi une église qui était visée dans la ville de Jos, dans le centre du pays. Un policier qui surveillait le bâtiment a été tué. Un mur de l'église a été détruit.

A Damaturu, dans le nord-est, ce sont des bureaux des services de renseignements de la police nigériane qui ont été la cible d'un kamikaze. Le kamikaze a tenté de pénétrer dans le bâtiment mais il en a été empêché par des gardes vigilants. Sa bombe a explosé devant les portes. Le kamikaze est mort ainsi que trois policiers. Autre explosion toujours à Damaturu, cette fois sur un rond-point. Aucune information sur d'éventuelles victimes de cette explosion.

Toutes ces attaques ont été revendiquées par Boko Haram. Il s'agit d'un groupe fondé en 2002 dans une école coranique de Maïduguri. En juillet 2009, une insurrection est brutalement réprimée par l'armée. Les combats font 800 morts. Le fondateur de la secte Mohammed Yusuf est tué. Mais le groupe refait surface, se réorganise, lance des raids meurtriers qui visent policiers, militaires, hommes politiques mais aussi des bars qui servent de l'alcool.

Depuis 2010, la secte, jusqu'alors active dans le nord, élargit son champ d'action. A Abuja, la capitale, elle frappe en juin le quartier général de la police et en août le siège des Nations unies. Ses attaques deviennent plus sophistiquées et plus meurtrières avec des bombes activées à distance par exemple.

Ce mouvement dénonce la corruption des hommes politiques et les privlèges des nantis; il prône comme remède la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, avec une stricte application de la charia. Le nord du pays est à majorité musulmane avec quelques enclaves chrétiennes, alors que le sud est à dominante chrétienne.

Ce mouvement est soutenu par une partie de la classe politique du Nigeria qui veut déstabiliser le gouvernement de Goodluck Jonathan, et par les islamistes internationalistes - les shebabs de Somalie et Aqmi au Sahel.

Tundé Fatundé
26-12-2011 - Par Carine Frenk

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