Les autorités mauritaniennes lancent un mandat d'arrêt contre un opposant accusé de terrorisme


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En Mauritanie, le pouvoir a lancé mercredi 28 décembre un mandat d'arrêt international contre quatre Mauritaniens, en lien avec le terrorisme. Parmi eux, Moustapha Ould Liman Chafi. Ce Mauritanien est connu comme étant un proche conseiller du président burkinabè Blaise Compaoré. Il est accusé par Nouakchott de financement du terrorisme, d'intelligence avec des groupes terroristes et d'appui logistique et financier à des groupes terroristes en activité dans le Sahel. Joint par RFI, Chafi se dit serein face à cet avis de recherche.

Moustapha Ould Liman Chaffi est un opposant mauritanien qui vit depuis des années hors du pays.

Il est devenu au fil des ans le missi dominici du président burkinabè Blaise Compaoré sur de nombreux dossiers sensibles. Il a directement participé à la libération de plusieurs otages occidentaux d'Aqmi, dont Robert Fowler, l'envoyé spécial de Ban Ki-moon enlevé au Niger en 2009.

Homme d'affaires, personnalité à multiples facettes, Moustapha Chafi vit hors de la Mauritanie mais reste un opposant farouche au pouvoir en place à Nouakchott. Déjà en 2003, le président Oud Taya avait lancé un premier mandat d'arrêt international contre lui et les cavaliers du changement, qualifié de putschistes.

Aujourd'hui, le président Aziz l'accuse d'être un membre influent d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Depuis l'élection du président Abdel Aziz à la tête de la Mauritanie en 2009, Moustapha Chafi multiplie les critiques violentes et personnelles contre le chef de l'Etat. Il l'accuse de mettre le pays au bord du précipice. Tout récemment sur des sites mauritaniens d'information, il qualifiait de fiasco et d'échec la stratégie du président Aziz contre Aqmi. Cette guerre ouverte a pris un tour plus politique à Nouakchott, il y a quelques jours, après le refus d'un visa d'entrée à la femme et aux enfants de l'opposant qui se rendaient au chevet du grand-père Chafi.

L'opposition mauritanienne s'est émue de ce refus et la question est venue mercredi devant l'Assemblée nationale.

Joint par nos soins, Moustapha Chafi se dit très serein face à ce mandat d'arrêt international et se dit fier d'avoir libéré des otages.

Cette affaire domine depuis quelques jours les conversations à Nouakchott.