Centrafrique : relations tumultueuses entre le président Bozizé et l’ancien ministre Demafouth


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L'ancien ministre centrafricain de la Défense, Jean-Jacques Demafouth, chef de file des ex-rebelles de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), un groupe présent dans le nord-ouest du pays, est toujours en garde à vue. Il a été interpellé vendredi dernier pour « tentative de déstabilisation ».

Jean-Jacques Demafouth et François Bozizé se connaissent bien, même très bien. En 1982, quand Ange-Félix Patassé et François Bozizé tentent ce que l'on a appelé le « coup d'Etat radiophonique » contre le président Kolingba, Jean-Jacques Demafouth qui était à l'époque très jeune se retrouve avec le général Mbaïkoua à fuir les représailles. Les deux hommes, Bozizé et Demafouth, se retrouvent, ensemble, en exil au Tchad puis au Bénin.

La méfiance entre Jean-Jacques Demafouth et François Bozizé remonte au début des années 1980, quand les deux hommes se retrouvent en exil au Bénin. Nommé chef d'état-major du président Patassé en 1999, François Bozizé n'a jamais supporté que Jean-Jacques Démafouth, son cadet, devienne ministre de la Défense d'autant que ce dernier accuse Bozizé publiquement d'avoir détourné les primes d'alimentation des soldats.

Pire : au début 2001, selon plusieurs témoins, lors d'une réunion à la résidence du président Patassé, Demafouth et Bozizé s'accusent mutuellement de préparer un coup d'Etat. Après le putsch manqué du 28 mai 2001, le président Patassé va accuser, tour à tour, Jean-Jacques Demafouth et François Bozizé d'avoir fomenté le coup, chacun pour son propre son compte.

Puis le général Bozizé arrive au pouvoir en 2003. Depuis cette date, la méfiance est toujours de mise entre les deux hommes. La rancune tenace. Quand l'ancien ministre de la Défense prend la tête de l'APRD, un groupe rebelle actif dans le nord-ouest du pays, espérant sans doute devenir Premier ministre, le président Bozizé y voit une preuve supplémentaire des ambitions et des manœuvres de son rival.

Est-ce qu'aujourd'hui Jean-Jacques Demafouth est victime d'un règlement de comptes ou bien est-ce que ses velléités de renverser le régime de Bangui sont bien réelles ? A la justice de trancher.
 

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