Polémique au Sénégal sur les propos tenus par le président Wade à Touba

Le président sénégalais Abdoulaye Wade avec le khalife général des mourides, la plus haute autorité de la confrérie à Touba en mars 2007.
© AFP PHOTO/HO

Au Sénégal, la ville sainte de Touba, dans l'ouest du pays, a accueilli le jeudi 12 janvier 2012, l’un des grands événements religieux de l’année : le Magal. Un pèlerinage qui a rassemblé des centaines de milliers de fidèles. Touba a également vu affluer, ces derniers jours, des pèlerins d’un genre bien particulier : différents candidats à la présidentielle du 26 février 2012 sont venus recueillir la bénédiction du khalife général des mourides, la plus haute autorité de la confrérie. Et parmi eux, le sortant, Abdoulaye Wade, dont une déclaration, ce 9 janvier a fait polémique. « J’aide toutes les confréries, a dit le chef de l’Etat sénégalais lors de sa visite, mais à vrai dire je ne peux pas mettre Touba au même pied d’égalité que les autres ». Des propos interprétés par les autres candidats comme un appel du pied à l’électorat mouride.

Des trois présidents du Sénégal, Abdoulaye Wade est, de loin, celui qui a le plus médiatisé ses opinions religieuses. Ses adversaires disent même qu’il a utilisé ses convictions pour tenter de séduire l’électorat mouride. Les dernières déclarations du président à Touba, en période préélectorale ont du coup fait bondir l’opposition.

« Personne ne veut d’un président de la République qui va essayer de créer de la division, de la distance juste pour ses propres prétentions et ses propres ambitions politiques, réagit vivement Cheikh Bamba Dieye, lui aussi candidat à la présidentielle. Ce dont les Sénégalais ont besoin, et surtout relativement aux confréries, c’est quelqu’un qui unifie l’idée de la nation parce que, que ce soit Touba ou Tivaouane [ville sainte pour la confrérie soufie tidiane proche de Thiès ndlr] ce sont des entités de la nation sénégalaise ».

Dans l’entourage du président sénégalais, certains veulent en revanche banaliser les propos tenus par Abdoulaye Wade. Comme son conseiller aux Affaires religieuses, Mamadou Bamba Ndiaye. Tous les candidats, dit-il, cherchent à obtenir le soutien des chefs religieux mourides : « Le Sénégal est un pays tout à fait particulier, la religion revêt une importance particulière. Je crois que personne ne peut ignorer le poids de Touba et tout homme politique qui se respecte au Sénégal est obligé de tenir compte de cette importance. En plus, Abdoulaye Wade est aussi mouride donc lui il donne beaucoup plus d’importance à Touba compte tenu de sa qualité de disciple mouride ».

Au Sénégal, l’islam soufi est largement dominant. Plusieurs confréries cohabitent : tidianes, dans la diversité de plusieurs familles, mais aussi mourides, layènes et khadres.

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