Nigeria : Goodluck Jonathan en visite à Kano après la vague d'attentats meurtriers

Le président nigerian Goodluck Jonathan a rencontré l'émir Ado Bayero, le principal chef traditionnel musulman de Kano, le 22 janvier 2012. Kano
© REUTERS/Stringer

Goodluck Jonathan est arrivé le 22 janvier à Kano, deuxième ville du Nigeria, après la vague d'attentats de vendredi qui ont fait pour le moment 166 morts. Le président nigérian a fait le déplacement pour inspecter les sites attaqués et a rencontré l'émir Ado Bayero, le principal chef traditionnel musulman de la ville. Goodluck Jonathan a annoncé aussi l'arrestation des premiers suspects présumés membres du mouvement islamiste Boko Haram.

Arrivé à Kano, le 22 janvier en fin d’après-midi, le président Goodluck Jonathan a d’abord rencontré l’émir Ado Bayero, le principal chef musulman de la ville. Puis il a visité le quartier général de la police, un des huit sites pris pour cibles lors des attaques meurtrières de vendredi. Interrogé sur l’action des autorités, le chef de l’Etat nigérian a déclaré que des arrestations de présumés membres de la secte Boko Haram ont été effectuées. Mais il n’a pas donné plus de précisions.

Mercredi dernier, Kabiru Sokoto, un membre du mouvement islamiste, auteur des attentats de Noël, s'était évadé 24 heures à peine après son arrestation. Un commissaire a été suspendu pour négligence grave, mais l’incident met à jour l’étendue des réseaux du groupe fondamentaliste.

Début janvier, le président nigérian avait d’ailleurs révélé que la secte extrémiste bénéficiait de complicités dans tout l’appareil d’Etat, du Parlement à la justice, en passant par les forces de sécurité et l’armée.

Avec la multiplication exponentielle des attaques, Boko Haram est devenu un problème national. Et de plus en plus d’observateurs craignent que cela n’embrase le pays.

Mais Goodluck Jonathan a promis d'agir pour renforcer la sécurité dans tout le Nigeria.

La meilleure chose à faire pour nous est de combattre collectivement ce terrorisme.

Goodluck Jonathan
23-01-2012 - Par RFI

La lutte contre al-Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi) et l'organisation islamiste radicale Boko Haram est à l'ordre du jour de la réunion de Nouakchott ce lundi et demain mardi entre pays dits « du champ » et le Nigeria. Cette réunion entre le Mali, la Mauritanie, le Niger et l'Algérie est élargie au Nigeria pour faire le point sur les liens entre Aqmi et Boko Haram. Mohamed Bazoum, ministre des Affaires étrangères du Niger, affirme qu'il y a des liens très concrets entre al-Qaïda au Maghreb islamique et Boko Haram. C’est la première fois qu’un responsable gouvernemental d'un des pays sahéliens touchés par le terrorisme d'Aqmi évoque une collaboration entre les deux groupes terroristes.

Une partie des artificiers qui ont sévi, qui ont rendu possible le caractère spectaculaire des opérations au Nigeria, a dû être formée dans la région du Sahel...

Mohamed Bazoum
23-01-2012 - Par Laura Martel

La rébellion au Mali, Aqmi et Boko Haram sont aussi au centre des discussions, cette fois à Arlit . Au Niger, Mahamadou Issoufou a mis effectivement en garde contre les risques qu'une nouvelle rébellion touarègue ferait peser sur le nord du Niger, qui suit avec inquiétude ce qui se passe chez son voisin malien. Le président  nigérien s'exprimait hier lors d'une cérémonie à une quinzaine de kilomètres à l'est d'Arlit, près d'Agadez, pour inaugurer un «Forum paix et développement», dont les travaux se dérouleront ce lundi et demain mardi.

Le spectre de la nouvelle rébellion touarègue

L’une des préoccupations majeures sur lesquelles se penchera le « Forum paix et développement » qui s'ouvre ce lundi 23 janvier à Arlit reste la question de la réinsertion des ex-combattants qui avaient déposé les armes à la fin de la rébellion en 2009 et ceux qui les ont déposées encore récemment. Le président de la République, Mahamadou Issoufou, l’a annoncé dans son intervention :

« Des mesures sont prévues pour la réinsertion des jeunes sans emploi notamment celle des anciens combattants ».

Les derniers événements au Mali s’inviteront aussi à la table de discussion du forum. Le Premier ministre malien Madame Cissé Mariama Sidibé l’a souligné :

« Nous devons dire ensemble halte à ces actions d’attaques de représailles qui n’ont que trop endeuillé nos deux peuples. Chaque mort est un mort de plus, chaque blessé est un blessé de plus. Il est donc temps d’arrêter ce cycle infernal ».

La délégation malienne au forum est forte de quarante-cinq membres qui représentent tout le nord du Mali.

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