Attaques au Nigeria : Boko Haram et la piste de mercenaires tchadiens

Plusieurs attaques dans la ville nigériane de Kano ont fait au moins 185 morts, le 21 janvier 2012.
© REUTERS/Stringer

Les autorités nigérianes ont arrêté ce jeudi 26 janvier 2012 quelque 200 personnes, pour la plupart des « mercenaires » tchadiens. Ces détentions interviennent quelques jours après les attentats meurtriers revendiqués par le groupe islamiste Boko Haram, dans la ville de Kano, au nord du Nigeria. Certains membres du groupe proposent désormais un dialogue aux autorités.

Depuis les attaques meurtrières de vendredi dernier à Kano qui ont tué au moins 185 personnes, le président nigérian Goodluck Jonathan a limogé le chef de la police, Hafiz Ringim et six de ses adjoints – première étape d’une réorganisation de la police, très vivement critiquée par la population.
Parallèlement, de nombreuses arrestations ont été effectuées ; les autorités nigérianes disent avoir arrêté environ 200 assaillants. Selon une source policière de haut niveau sous couvert d’anonymat citée par l’AFP, parmi ces 200 assaillants arrêtés, « 80% d’entre eux sont des Tchadiens venus en tant que mercenaires ». Cette même source soutient également que ces Tchadiens avaient été payés pour participer aux attaques.

Joint par RFI, Magagi Majia, porte-parole de la police à Kano, n’a pas souhaité donner d’indications sur la nationalité des personnes arrêtées ni confirmer le nombre d’arrestations. En revanche, il a confirmé la participation de Tchadiens aux attaques de vendredi dernier.

Les liens de Boko Haram avec l’extérieur

Lors de son déplacement à Kano, suite aux attaques-suicide de la semaine dernière, le président nigérian avait déclaré que les terroristes recevaient sûrement des soutiens provenant de l’étranger.

De leur côté, les forces de sécurité nigérianes ont longtemps soupçonné Boko Haram d’introduire clandestinement des armes par la frontière avec le Tchad et le Niger, au nord-est du pays. Et par ailleurs, le mouvement est également soupçonné de liens avec la branche maghrébine d’al-Qaïda (Aqmi).

Un rapport de l’ONU sur l’impact de la crise libyenne au Sahel qui vient d’être publié, évoque précisément la menace que fait peser Boko Haram sur la région et les liens qu’il a tissés avec Aqmi. Ainsi et selon ce rapport, il existe des preuves qui laissent entendre que Boko Haram compte, dans ses rangs, des Tchadiens qui ont suivi un entraînement au sein du groupe terroriste al-Qaïda. Des membres tchadiens mais aussi des membres nigérians de Boko Haram qui auraient été formés dans des camps d’Aqmi au Mali, pendant l’été 2011, c'est-à-dire il y a moins de six mois.

Inquiétude également au sein de l’Union africaine (UA) qui craint une expansion du groupe. Francisco Caetano José Madeira, responsable de la lutte contre le terrorisme au sein de l'organisation, a mis en garde, mardi, contre la possibilité que Boko Haram « étende ses activités aux pays voisins et pénètre dans la région d’Afrique centrale ».

Offre de dialogue

Entre-temps, au Nigeria, la secte islamiste s’est radicalisée comme l’ont démontré les récentes attaques. Face à cette recrudescence, le gouvernement de Goodluck Jonathan semble bien démuni, même si des membres présumés du groupe auraient contacté la police pour un dialogue, via l’émir de Kano, la plus haute autorité musulmane traditionnelle de la ville.

Depuis 2010, les attaques visant policiers, militaires, hommes politiques et responsables communautaires ou religieux opposés à leur idéologie, n’ont pas connu de répit. En 2011, Boko Haram a également attaqué des églises, le jour de Noël, faisant 49 morts et le siège de l’ONU à Abuja, faisant 25 morts.

Cette secte, dont le nom signifie en langue haoussa « l’éducation occidentale est un pêché », veut imposer un Etat islamique dans le nord du pays, avec une stricte application de la charia. Le nord du Mali est à majorité musulmane, avec quelques enclaves chrétiennes, alors que le sud est à dominante chrétienne.

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