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Article publié le : dimanche 29 janvier 2012 - Dernière modification le : dimanche 29 janvier 2012

Sénégal : l’opposition appelle à la «résistance» contre Wade et dépose des recours

Alioune Tine, l'un des leaders du M23, a appelé le président Abdoulaye Wade à ne pas se représenter pour la présidentielle 2012
Alioune Tine, l'un des leaders du M23, a appelé le président Abdoulaye Wade à ne pas se représenter pour la présidentielle 2012
AFP PHOTO/SEYLLOU

Par RFI

L'opposition sénégalaise lance la « résistance » contre Abdoulaye Wade, au lendemain de la validation de la candidature du chef de l'Etat sortant pour la présidentielle. Elle multiplie les recours et pointe déjà du doigt la vague d'arrestations qui a eu lieu au sein du M23, le mouvement du 23 juin, -qui regroupe partis d'opposition et membres de la société civile-, opposé à la candidature de Wade pour un troisième mandat. L'un de ses coordinateurs, Alioune Tine serait actuellement dans les locaux de la police de Dakar, selon l'un de ses avocats.

C'est par un coup de fil de sa femme le 27 janvier au matin qu'Alioune Tine apprend la venue à son domicile de la DIC, police judiciaire sénégalaise. Huit hommes sont là pour lui notifier qu'il est convoqué à la DIC. Alioune Tine, absent de son domicile, en profite pour rejoindre son avocat Maître Boucounta Diallo.

Dans l'après-midi, les huit policiers à sa recherche débarquent chez l'avocat. Mais la loi est formelle, on ne peut contraindre un individu à exécuter une convocation, en dehors de son domicile. Finalement, en fin d’après-midi, Alioune Tine décide de se rendre de son propre chef à la DIC, mais pour son avocat Maître Boucounta Diallo, cette convocation qui n’est pas motivée, est mal venue :

« Je pense que cela ne peut que davantage aggraver la situation. Si le but escompté est d’intimider Monsieur Alioune Tine, je pense que là on a échoué puisque Alioune Tine est plus que jamais déterminé. L’ensemble du peuple sénégalais est déterminé aussi à empêcher à ce que la Constitution soit violée ».

En début de soirée, plusieurs candidats et personnalités politiques se sont rendus aux abords de la DIC dans le quartier du Plateau à Dakar pour apporter leur soutien à Alioune Tine.

Après les violents incidents de vendredi, le mouvement M23 s'est réuni pour élaborer sa stratégie.

Le M23

Mouvement d'opposition sénégalais

Nous appelons à la résistance contre la forfaiture consistant à valider la candidature de Abdoulaye Wade. Le combat ne fait que commencer. Nous lançons un appel pressant à toutes les organisations politiques, syndicales et à la société civile à prendre part à cette résistance.

 

29/01/2012 par Laurent Correau

Dépôt de recours

Les candidats avaient jusqu’à ce samedi minuit pour déposer leurs recours à la décision du Conseil constitutionnel sur la prochaine présidentielle. Plusieurs candidats ont fait la démarche, que leur candidature ait été validée ou invalidée.

Pour Youssou N'Dour, c’est une partie capitale qui s’engage aujourd’hui : réussir à convaincre le Conseil constitutionnel de changer d’avis. Les cinq membres du Conseil ont invalidé sa candidature à la présidentielle au motif que sur les 12 900 électeurs l’ayant appuyée, seuls 8900 ont pu être identifiés et leurs signatures validées. Les avocats du chanteur, dans leur requête rappellent que le Conseil était tenu de s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il a rejeté tant de signatures.

Samedi soir, face à ses militants, c'est un homme révolté qui est apparu, en colère contre le rejet de sa candidature.

Youssou N'Dour

Chanteur dont la candidature à la présidentielle sénégalaise a été jugée irrecevable par le Conseil Constitutionnel.

Tout cela est politique. Maintenant il faut passer à l’acte, montrer que les Sénégalais qui sont avec moi sont déterminés à ne pas se faire confisquer le pouvoir (...) Je n'ai jamais appelé à la violence, mais je vous dis, je ne contrôle plus mes militants.

 

29/01/2012 par Bineta Diagne

L’universitaire Amsatou Sow Sidibé, de son côté, fait partie des opposants à Wade qui ont déposé des recours contre sa candidature. Elle rappelle, dans sa requête, le contenu des articles 27 et 104 de la Constitution qui limitent le nombre de mandats à deux et selon elle, applique cette limitation au premier mandat d’Abdoulaye Wade.

Dans cette bataille juridique, le camp présidentiel, enfin, a lui aussi introduit un recours, contre trois candidats : Macky Sall, Idrissa Seck, Cheikh Tidiane Gadio. Le texte affirme qu’en dépit de la déclaration sur l’honneur qu’ils ont signée, ces candidats ne sont pas en règle avec l’administration fiscale. Selon cette requête, il faut soit qu’ils présentent des justificatifs, soit que leur candidature soit déclarée irrecevable.

Sur le plan diplomatique

C’est une information RFI : au moment où les recours vont commencer à être examinés, la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Sénégal a souhaité rappeler au Conseil constitutionnel sénégalais certaines de ses obligations : offrir un véritable droit de recours aux candidats écartés du processus, et motiver ses différentes décisions. Des obligations que le Conseil n’a pas tout à fait respectées pour l’instant selon Thijs Berman, le chef de sa mission :

Thijs Berman

Chef de la mission d'observation électorale de l'UE au Sénégal

Chaque candidat doit avoir droit à un recours effectif contre une décision défavorable(....). Chaque candidat, mais aussi chaque citoyen sénégalais a le droit de savoir toutes les motivations, toutes les raisons qui ont mené à cette décision définitive. Ce n’est qu’en comprenant la motivation du Conseil constitutionnel que l’on pourra accepter cette décision, que l’on pourra commencer la phase électorale réelle.

 

29/01/2012 par Laurent Correau

Face à ce problème épineux, la France a également réagi. Prudente, elle appelle à l'impartialité et à la retenue, comme l'explique Bernard Valéro, le porte parole du Quai-d'Orsay.

Bernard Valéro

Porte-parole du Quai d'Orsay

La France réitère son attachement au droit de manifester pacifiquement, à la liberté d'expression et à la tenue dans les délais prévus d'élections présidentielles transparentes et honnêtes.

 

29/01/2012 par Christine Muratet

tags: Abdoulaye Wade - Présidentielle Sénégal 2012 - Sénégal
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Commentaires (8)

Wade mais aussi la Constitution

L'article 89 de la Constitution dit que "Les membres du Conseil constitutionnel sont nommés par le Président de la République". Quel équilibre de pouvoir alors, si les gens chargés de décider ont y été mis par le président qu'ils doivent juger?

C'est pas simplement Wade qu'il faut empêcher de rester au pouvoir. Il y a encore bcp de travail à faire pour le Sénégal.

l'appetit vient en mangeant

wade rappelle toi de la revolution Libyenne

Le peuple!

Le peuple et toujours le peuple est qui ordonne...
Seul le peuple ordonne!

C'est Triste pour le Senegal

Ils ne sont pas mille a nous prendre en otage. Refusons et donnons nos vies car c est triste et malsain.
Non pour un troisieme mandat.
Mr le President, garant de la constitution, vous avez dit devant tout le peuple senegalais que vous avez bloque la constiution a 2 mandats. Donc, je vus demande de retirer votre candidature.
Tout le monde sait que vous n'avez pas droit a un 3 eme mandat. Ne forcez pas Mr le President.

commentaire

par rapport a ce que disent certaines personnes mal intentionees et profanes de la realite du senegal le president wade a accompli un job qu au qu un de ces predescesseurs n a pu rever la realite c est qu il toujours majoritaire et personne de l opposition n ose l affronter au risque d etre ridiculise soit disant c est l arbre qui cache la foret et personne n ale courage de l affronter car ces opposant sont autres que les journalistes alimentaire qui passent tout leur temps a nous tympaniser avec des intox ils n ont ni l ethique ni la deontologie

Candidature d'Abdoulaye WADE

Le président actuel a beaucoup fait pour son peuple. Certainement qu'il peut faire davantage encore. Mais, je crois que pour la paix dans son pays, il devrait se retirer. Il est temps qu'il se souvienne de son voyage en Libye et de ce qu'il a dit à Kadhafi. S'il aime son pays, il doit comprendre que son retrait sera un acte SALUTAIRE pour le Sénégal. Il ne doit pas s'enfermer dans ce "juridisme" qui pourrait en fin de compte perdre le pays. En tant que Président de la République, garant de l'unité nationale, il doit faire preuve de DÉPASSEMENT DE SOI pour se retirer. Son honneur et sa grandeur n'en seront que saufs.
Le Sénégal est un pays formidable, comme tous les pays africains d'ailleurs. Il faut lui ÉVITER IMPÉRATIVEMENT ces troubles graves qui se profilent à l'horizon.
ONU, UA, UE, et autres puissances "ingérantes", réagissez maintenant avant qu'il ne soit trop tard, avec impartialité et non au gré de vos intérêts.

Wade

Wade,de toi chance que tu a une femme blanche.mais,tenaies vous bien que ses gents la te abandonerons comme ils sont faits avec les autres qui etais avant toi.devant toi lá il ya un exemple recent de kadhafi.
Wade,wade fait te bagage aller vivre comme diof.car il ne pas encore tard.un peu de l´hummaniste,ou de l´africaniste.pas comme ça au pouvour.

La candidature de Wade

Tout les constitutionalistes sérieux sont d'avis pour dire que la candidature de Wade est inconstitutionnelle ....

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