Probo Koala : le PDG de Trafigura passible de poursuites aux Pays-Bas

Les avocats de la société maritime Trafigura qui a affrété le Probo Koala, le 1er juin 2010.
© AFP/Marcel Antonisse

Plus de cinq ans après le déversement de déchets toxiques à Abidjan, Claude Dauphin, le PDG de Trafigura, la société de négoce qui avait affrété le cargo Probo Koala, va faire l’objet d’un procès aux Pays-Bas.

Le Français Claude Dauphin, co-fondateur de Trafigura, une société de négoce basée à Londres et Amsterdam, peut désormais faire l’objet de procédures judiciaires aux Pays-Bas. Ainsi en a décidé le 30 janvier la cour d’appel d’Amsterdam, après de longs atermoiements. Claude Dauphin, 60 ans, ne devra répondre que des faits concernant l’escale du Probo Koala aux Pays-Bas, en juillet 2006. Le navire grec battant pavillon panaméen avait déchargé une partie de ses eaux usées de fond de cale, des slops provenant du nettoyage des cuves du tanker, pour les faire traiter à Amsterdam. Ces déchets sont si nauséabonds qu’ils ne peuvent être traités qu’au prix fort. Ils seront repompés à bord et transportés vers l’Afrique, en toute illégalité, dans la mesure où ils étaient déjà suspects d’être toxiques.

L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace aurait voulu un grand procès exemplaire sur toute l’affaire, y compris sur ce qui s’est ensuite passé à Abidjan. L’ONG se réjouit malgré tout de cette décision, importante sur le plan symbolique pour les milliers de victimes de ces déchets. Car Trafigura, depuis le début du scandale, tente par tous les moyens de s’acheter une innocence.

Claude Dauphin a déjà fait de la prison en Côte d’Ivoire, où il avait été arrêté le 16 septembre 2006, moins d’un mois après le déversement des déchets toxiques du Probo Koala par un intermédiaire ivoirien, le groupe Tommy, en plusieurs points d’Abidjan. L’homme d’affaires français avait été libéré cinq mois plus tard, le 14 février 2007, après la négociation d’un accord amiable avec les autorités ivoiriennes. Trafigura avait alors versé 152 millions d’euros pour nettoyer la ville, indemniser les victimes et le gouvernement ivoirien. En contrepartie, aucun procès n’a pu être intenté au civil contre la société en Côte d’Ivoire. En septembre 2009, un autre arrangement est conclu à Londres avec les avocats britanniques de 31 000 victimes ivoiriennes, portant sur 33 millions d’euros. Trafigura nie toujours avoir fait le moindre blessé.

Aux Pays-Bas, aucun compromis financier n’est possible, l’affaire étant traitée au pénal. La cour d’appel d’Amsterdam a déjà confirmé en décembre 2010 une amende d’un million d’euros imposée à Trafigura pour exportation illégale de déchets toxiques.

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