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Article publié le : vendredi 10 février 2012 - Dernière modification le : vendredi 10 février 2012

Afrique du Sud : les investisseurs rassurés après la conférence africaine sur les mines

Le salon sur les mines d'Afrique s'est tenu au Cap du 6 au 9 février 2012.
Le salon sur les mines d'Afrique s'est tenu au Cap du 6 au 9 février 2012.
© Mining Indaba

Par Juliette Rengeval

Le Mining Indaba, le plus grand salon sur les mines d’Afrique s’est tenu cette semaine au Cap, en Afrique du Sud. À l'issue de la rencontre, les professionnels du secteur et les investisseurs en Afrique du Sud sont sans doute un peu plus rassurés. Un temps évoqué, le spectre de la nationalisation des mines s’éloigne.

« La nationalisation des mines n’est pas la politique de l’Afrique du Sud », selon Jacob Zuma. « Ce n’est pas une politique viable », a redit de son côté la ministre chargée du secteur, Susan Shabangu, à l’ouverture du Mining Indaba, s’appuyant sur une étude établie au sein de l’ANC [Congrès national africain, parti au pouvoir, NDLR]. Une étude pas encore publique mais dont les premiers éléments ont commencé à sortir dans les journaux.

Pour John Burke, l’un des directeurs exécutifs de la Bourse de Johannesburg, il s’agit évidemment d’un sujet sensible pour les investisseurs, notamment les investisseurs étrangers.

Les nationalisations des mines sont toujours un gros sujet. Est-ce que ça affole les marchés ? Oui ! Mais la façon dont le gouvernement sud-africain a pris en mains tout ce débat, en disant, « Attendez les gars, il y a différents points de vue, menons l’enquête, regardons ce qui a marché dans le passé en termes de nationalisation, et ce qui n’a pas marché, et ayons une vue d’ensemble de la situation!» Au final, on pourra décider ce qui est bon pour faire avancer l’Afrique du sud.
John Burke, directeur exécutif de la Bourse de Johannesburg

Pour l’instant, la question demeure : hormis la nationalisation des mines, qu’est-ce qui pourrait faire avancer l’Afrique du Sud ? Plus d’impôts et de taxes imposés au secteur, pour que l’Etat ait plus de recettes ? Des obligations en termes d’emploi, de sécurité, de protection de l’environnement ? La transformation des produits miniers pour créer de la valeur ajoutée ? Le parti au pouvoir tranchera au mois de juin, lors de sa prochaine conférence politique. Les industries minières vont essayer de faire valoir leur point de vue.

En attendant, la Chambre des mines rejette les accusations de la ministre Susan Shabangu qui estime que ce débat sur la nationalisation a vu le jour avant tout parce que l’industrie n’a jamais rempli ses obligations légales… Le directeur général de la Chambre des mines, Bheki Sibiya, défie la ministre de prouver ses dires.

Ce que j’ai dit à la ministre et à son administration, c’est que s’ils ont la moindre preuve que certains ne remplissent pas leurs obligations, voyons ces preuves mais n’agissons pas de manière émotive sur ces questions!
Bheki Sibiya, directeur général de la Chambre des mines

Mbeki Sibiya reconnaît qu’il existe cependant des problèmes de spéculation sur les permis miniers. Et le président Zuma a annoncé une réforme de la législation sur le Black Economic Empowerment. Une politique de discrimination positive pour aider les populations historiquement défavorisées dans tous les secteurs de l’économie. Une politique parfois détournée par la mise en place d’hommes de paille. Un phénomène qui touche aussi le secteur minier.

tags: Afrique du Sud
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