Mali : la France active ses réseaux pour un dialogue avec les rebelles du MNLA

Carte du Mali et de l'Algérie
© RFI

Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, rentre d'une tournée express au Mali, au Niger et en Mauritanie. Pour la France, il est urgent de convaincre les rebelles du MNLA de venir à la table des discussions. Des rebelles que la France connaît bien. Mais, rappelle-t-elle, l’intégrité territoriale du Mali est indiscutable.

A la fin de l'année dernière, des notables touaregs maliens proches du MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad, ont été reçus secrètement au quai d'Orsay à Paris. Le message de ces émissaires touaregs : « Nous pouvons aider la France à lutter contre Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique ». Réponse des Français : « C'est très bien, mais ce n'est pas une raison pour qu'on vous soutienne contre le gouvernement malien ».

Aujourd'hui, après l'offensive des rebelles dans le nord du Mali, la France répète haut et fort sa position : « Pas touche à l'intégrité territoriale du Mali ». Mais elle profite de ses contacts confidentiels de la fin de l'année dernière, pour essayer d'amener les rebelles touaregs à la table du dialogue.

Pour cela, elle compte aussi sur un pays de la sous-région, la Mauritanie, qui a des relations suivies avec le MNLA. C'est l'une des raisons pour lesquelles vendredi dernier, le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, est allé rendre visite à Nouakchott au président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.


Réfugiés maliens en Algérie : une situation toujours précaire

Pour le moment, il est impossible de savoir combien de Maliens se sont réfugiés en Algérie. Le HCR (Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés) ne dispose d'aucune information et n'a pas obtenu l'autorisation de se rendre à la frontière entre les deux pays. Mais, depuis ce week-end, les quelque 10 000 personnes qui avaient trouvé temporairement refuge dans le petit village malien de Khalil, ont traversé la frontière et sont regroupées dans le stade de Bordj el-Mokhtar, la ville algérienne la plus proche. Et la majorité d’entre eux vivent dehors. C’est avec l’aide de quelques « hautes personnalités maliennes », qui ont mis à leur disposition des voitures, qu’ils ont pu traverser le Mali.

Douze heures de temps sous le froid, et douze heures de temps sous le soleil (…) Pour le moment, on ne sait pas ce qui nous attend. On est dans un stade entouré par les forces de sécurité algériennes.

Un réfugié de Bordj el-Mokhtar témoigne de ses conditions de vie
13-02-2012 - Par Boniface Vignon

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