Perquisition dans la «caverne d'Ali Baba» du fils du président Obiang

L'hôtel particulier de Téodorin Obiang, avenue Foch, c'est un bâtiment de 5000 mètres carrés, comprenant 101 chambres.
© AFP/ERIC FEFERBERG

La justice française continue de saisir des biens dans l'appartement parisien du fils du président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema. Cette perquisition, effectuée dans le cadre de l'affaire dite des « biens mal acquis » par des chefs d'Etat africains, a débuté mardi 14 février. Elle est conduite par deux juges d'instruction, Roger Le Loire et René Grouman. Les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière, qui opèrent sur place ont découvert et saisi dans l'appartement luxueusement décoré, de nombreux objets de grande valeur.

L'hôtel particulier de Téodorin Obiang, avenue Foch : c'est un bâtiment de 5 000 mètres carrés, comprenant 101 chambres et dans chacune d'elle, des trésors par centaines. Les policiers chargés de la saisie des biens, n'en reviennent toujours pas : depuis trois jours plusieurs services d'enquêtes, mais aussi des experts se relaient pour faire l'inventaire. Et il n'est pas sûr que vendredi soir ils aient tout enregistré et emporté.

Deux semi-remorques ont été requis pour tout emporter

Les meubles saisis sont des pièces de collection, comme ce bureau d'époque Louis XV dont la valeur est estimé à 1 million et demi d'euros. Chaque pièce recèle son lot de tableaux, d'œuvres d'arts... Certains objets proviennent de la vente de la collection de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent. En 2009, à l'occasion de la dispersion de cette collection exceptionnelle, Téodorin Obiang avait acquis pour 18 millions d'euros d'objets.

Il faut donc inventorier et soigneusement emballer chaque objet, chaque meuble, chaque tableau... Deux semi-remorques ont été requis pour transporter dans un lieux secret, ces pièces dont la valeur atteindrait plusieurs dizaines de millions d'euros.

Les biens confisqués de Téodorin Obiang sont désormais placés sous main de justice. Une mesure qui gèle ces biens le temps de la procédure judiciaire. Leur confiscation définitive ne pourra intervenir qu'après le prononcé d'un jugement.

Téodorin Obiang : un cas emblématique des biens mal acquis

L'enquête menée par les juges Le Loire et Grouman part du soupçon selon lequel plusieurs dirigeants africains et leurs proches ont puisé dans les caisses de leur Etat pour s'enrichir. Fin septembre, déjà, la justice française a saisi 7 Ferrari et 5 Bentley appartenant à Téodorin Obiang

Daniel Lebègue, président de Transparency France, à l’origine de la plainte à la conviction que la famille Obiang s’est constituée en France un patrimoine privé par le détournement de fonds publics. Le dossier contient d’autres éléments, comme un document montrant que les paiements pour l’achat d’un autre immeuble privé proviennent du compte ouvert par le trésor public guinéen à la Banque de France.

Cependant, pour la justice, les obstacles sont nombreux. Ainsi, mardi dernier, en pénétrant dans l'hôtel particulier de la famille Obiang, les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière, ont du faire face à une vive opposition de certains occupants. Téodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, n'était pas à son domicile. Mais Olivier Pardo, son avocat était là. Présent pour contester avec force cette perquisition qui à ses yeux équivaut à une violation des principes diplomatiques. Il s’est également attaché, ces derniers jours, les services d’Emmanuel Marsigny, avocat associé au sein du célèbre cabinet Metzner.

Ministre de l'Agriculture et des Forêts, Téodorin Obiang, a dû sentir le vent du boulet puisque fin 2011, il est devenu permanent adjoint à l'Unesco. Un poste qui lui procure une immunité diplomatique et peut, espère-t-il, le mettre à l'abri des juges français.

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