Centrafrique : l'opposant Jean-Jacques Demafouth jeté en prison

JeanJacques Demafouth chef de file des ex-rebelles de l'APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie) et vice-président du comité de pilotage du DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion), le 20 décembre 2008.
© AFP PHOTO / COUMBA SYLLA

Jean-Jacques Demafouth a été inculpé par le doyen des juges d'instruction et déféré mercredi à la prison de Ngaragba ont annoncé hier ses avocats. Le président de l’APRD, l'ancienne rébellion du pays, a été arrêté le 6 janvier dernier. Il était détenu, depuis, dans les locaux de la SRI, la section recherche et investigation de la gendarmerie. Jean-Jacques Demafouth est mis en examen pour, notamment, atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l'Etat et association de malfaiteurs.

Le ministre de la Justice, Firmin Féindiro, avait prévenu : le dossier est loin d'être vide, l'affaire est sérieuse, elle suit son cours. Selon les autorités, Jean-Jacques Demafouth est soupçonné d'avoir voulu prendre la tête d'une coalition rebelle pour renverser le président Bozizé. Il aurait organisé des réunions séditieuses avec des représentants des autres groupes d'ex-rebelles. Et notamment l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), le groupe qui occupe le quart nord-est du pays.

Trois membres de l'UFDR ont d'ailleurs été arrêtés en même temps que l'ancien ministre de la Défense : le colonel Abelkader Khalil, vice-président du mouvement, Herbert Djono Ahaba, ancien ministre et député de Birao, ainsi que Mahamath Abrass, ancien député de Birao. Tous trois sont gardés depuis plusieurs mois à la prison militaire de Bossembélé, à 150 km de Bangui, une prison que les Centrafricains surnomment Guantanamo. Selon leur avocat, Maître Mathias Morouba, ils devraient être présentés au juge aujourd'hui. Il assure qu'il n'a pas encore pu les rencontrer.

Mathias Morouba, qui est aussi l'avocat de Jean-Jacques Demafouth, dénonce les violations des droits de la défense. Pour lui, « les accusations sont farfelues  » et le risque d'un procès politique existe mais il espère que la justice organisera « un procès équitable dans un délai raisonnable ».

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