Massacre d’éléphants dans le nord du Cameroun, au moins 200 bêtes tuées


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Au moins deux cents éléphants ont été abattus depuis la mi-janvier 2012, soit plus du tiers de la population du parc national de Bouba Ndjida, au nord-est du Cameroun (recensement du WWF 2007). Ces chiffres pourraient encore augmenter car le braconnage se poursuit. Et les éléphanteaux orphelins risquent de ne pas survivre.

C’est un véritable massacre d’éléphants qui a cours à Bouba Ndjida, un parc naturel de la région nord du Cameroun, situé à la frontière avec le Tchad. Le premier bilan fait état de deux cents pachydermes abattus depuis la mi-janvier. Ce qui représente plus du tiers de la population de cette réserve. Ce chiffre est provisoire puisque le braconnage se poursuit et qu’il est difficile d’évaluer le nombre exact d’éléphants tués. De plus, selon des témoignages, les éléphanteaux orphelins sont désorientés et errent dans le parc. Certains craignent qu'ils ne puissent survivre.

Selon des sources concordantes, les chasseurs d’ivoire sont des cavaliers lourdement armés en provenance du Tchad. Leur nombre reste à déterminer mais ceux qui les ont croisés décrivent « des groupes d’hommes noirs parlant arabe, d’origine soudanaise ». Ils opéreraient en bonne intelligence avec les populations locales qui consomment la viande des éléphants abattus et approvisionnent les braconniers en vivres.

De leur côté, les autorités régionales s’avouent dépassées par l’ampleur du phénomène. « A Yaoundé, aucune mesure d’urgence n’est mise en place pour l’heure », a expliqué à RFI le porte-parole du gouvernement, qui mentionne plutôt des concertations sur le sujet.

Spécialistes de la faune et diplomates européens se disent par ailleurs très préoccupés de la situation : « Si rien n’est fait, expliquent les experts, les éléphants de la savane auront disparu du nord du pays d’ici deux ou trois ans ».