Somalie / Politique - 
Article publié le : vendredi 24 février 2012 à 07:35 - Dernière modification le : vendredi 24 février 2012 à 14:04

Somalie: quelles perspectives après la conférence de Londres ?

Cette femme somalienne attend d'être prise en charge à l'hôpital général de Dobley, petite ville près de la frontière kenyanne.
Cette femme somalienne attend d'être prise en charge à l'hôpital général de Dobley, petite ville près de la frontière kenyanne.
Reuters/Thomas Mukoya

Par RFI

Une quarantaine de pays et une dizaine d'organisations internationales étaient réunis jeudi 23 février 2012 à Londres pour travailler sur la Somalie. De nombreux engagements ont été pris. Selon les termes du communiqué final, la communauté internationale s'est engagée à donner un nouvel élan au processus politique, à renforcer l'Amisom et à mieux coordonner l'assistance humanitaire. Elle promet également d'aider le pays à former ses forces de sécurité et à intensifier les actions contre les pirates et le terrorisme. Une réunion de suivi est prévue en juin prochain à Istanbul.

Les shebab reculent sous la pression militaire, les attaques de pirates ont diminué et la Somalie est officiellement sortie de l'état de famine. Les participants à la conférence de Londres ont convenu de l'urgence de renforcer ces fragiles progrès. Sur le plan sécuritaire, selon eux, cela passe par une intensification de la lutte contre les combattants islamistes en offrant notamment d'avantage de moyens à la force de l'Union africaine.

Le problème est que tous les pays de la région engagés dans l'Amisom (Mission de l'Union africaine en Somalie), auxquels il faut ajouter l'Ethiopie qui agit de sa propre initiative, ne poursuivent pas les mêmes buts de guerre. De plus, en incorporant quelque 5000 soldats kényans dans leurs rangs les Casques blancs africains risquent de connaître des problèmes de commandement.

Quelle recomposition ?

Sur le plan politique, l'avenir somalien demeure flou. Les signataires du communiqué final de la conférence refusent toute idée de négociations avec les shebabs mais insistent pour que le gouvernement de transition achève son mandat en août. Certes, les institutions actuelles ont brillé par leur inefficacité mais selon plusieurs spécialistes de la Somalie la perspective d'une recomposition politique risque d'entraîner le pays dans une nouvelle zone de turbulence du fait des rivalités entre clans mais aussi entre régions, certaines ayant déjà leur propre gouvernement.

Pessimiste, à l'issue de cette conférence, l'ONG Oxfam a estimé que les solutions importées de l'extérieur n'ont jamais marché, ne marchent pas et ne marcheront pas.

tags: Royaume-Uni - Somalie
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