Rapport tronqué : les organisations togolaises des droits de l'homme donnent de la voix

Lomé, 1er septembre 2011. Devant le tribunal qui juge 32 personnes accusées de tentative de coup d'État.
© © AFP/Emile Kouton

Huit organisations togolaises de défense des droits de l'Homme ont demandé, ce 24 février 2012, la démission du gouvernement, l'accusant d'avoir « trafiqué » un rapport de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) sur des allégations de torture. Une marche devrait être organisée le 2 mars.

Après l’opposition parlementaire, la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et l'Organisation pour bâtir dans l'union un Togo solidaire (Obuts ) ont souligné la gravité de l'incident.

Ce sont surtout les organisations de défense des droits de l’homme qui sont allées plus loin. Pour elles, il y a trois raisons pour dire que l'affaire est grave : « D’abord il y a la nature de l’infraction : la torture est un crime. Ensuite, l’Agence nationale du renseignement, selon la loi qui l'a créée, dépend directement de la présidence de la République. Et enfin, c’est la manière dont le rapport a été publié » explique Maître Raphaël Kpande-Adzare de la Ligue togolaise des droits de l'homme.

Maître Gilles Benoît Afanbeji, qui défend 30 des accusés du procès hausse le ton : « Nous avons constaté que c’est le pouvoir en place qui est à l’origine du traficotage du rapport produit par la Commission nationale des droits de l'Homme. Dans ces conditions, nous demandons que tout le gouvernement en place aujourd’hui démissionne purement et simplement ».

Les organisations des droits de l’homme appellent les Togolais à une marche le 2 mars prochain pour exiger la mise en œuvre effective des recommandations formulées par la CNDH dans son rapport « authentique ».

Dimanche dernier, 19 février 2012, le gouvernement avait publié sur son site internet un rapport présenté comme émanant de la CNDH, rejetant l'accusation de torture. Dès le lendemain, la CNDH publiait sur son propre site une autre version du rapport qu'elle a qualifié d'« authentique » et qui confirmait la thèse de tortures pratiquées par l'Agence nationale de renseignement sur les inculpés.

En septembre 2011, la CNDH avait été mandatée par les autorités pour enquêter sur les tortures dont auraient été victimes les inculpés de l'affaire Kpatcha Gnassingbé, un coup d'Etat déjoué en avril 2009.

Dans les archives de RFI, le coup d'État avorté

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À consulter :

Togo, reconstitution du coup d'État manqué. Article Jeune Afrique/AfricaTImes 1/6/2009
 

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