Pour Khartoum, le mandat d’arrêt de la CPI contre le ministre de la Défense n’a «aucune importance»


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Khartoum balaie d'un revers de main le mandat d'arrêt lancé jeudi 1er mars 2012 par la Cour pénale internationale à l'encontre du ministre soudanais de la Défense, Abdel Rahim Mohammed Hussein. Il est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre contre la population civile du Darfour entre 2003 et 2004. La décision de la CPI n'a « aucune importance », dit le ministre soudanais des Affaires étrangères.

Ministre de la Défense aujourd'hui, Abdel Rahim Mohammed Hussein était ministre de l'Intérieur et représentant spécial du président Béchir au Darfour à l'époque des faits qui lui sont reprochés, en 2003 et 2004. 

 
La CPI le soupçonne d'avoir, à ce poste, joué un rôle essentiel dans l'élaboration et la mise en oeuvre d'attaques contre plusieurs villes du Darfour.
 
Les miliciens janjawids et l'armée soudanaise avaient en effet pris d'assaut plusieurs localités et visé les civils des ethnies Four, Massalit et Zaghawa qu'ils accusaient de soutenir les mouvements rebelles de la zone.
 
Aujourd'hui, Abdel Rahim Mohammed Hussein est donc poursuivi comme co-auteur indirect de crimes de guerre et crimes contre l'humanité : meurtres, pillages, viols et actes inhumains.
 
C'est le sixième suspect visé par le procureur depuis qu'il a commencé, il y a sept ans, à enquêter sur les crimes commis au Darfour. Parmi eux, deux chefs rebelles ont accepté de coopérer avec la Cour et restent libres en attendant leur procès. Les autres sont tous issus du camp de Khartoum, Omar el-Béchir en tête. Le président soudanais défie la CPI depuis qu'il est sous le coup d'un mandat d'arrêt en continuant de voyager à l'étranger. 
Il a par ailleurs toujours refusé de livrer ses lieutenants à la Cour, et rien ne dit qu'il changera d'attitude.

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