Le Congo sous le choc après les explosions à Brazzaville


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Brazzaville est meurtrie au lendemain d’une série de cinq explosions dans un dépôt de munitions dans la capitale. Le dernier bilan, encore provisoire, fait état de plus de 150 personnes tuées, un millier de blessés ainsi que des milliers de sans-abri. Les besoins en termes de matériel et de médicaments d’urgence se font toujours sentir. La France a envoyé de l’aide ce lundi 5 mars 2012.

Les opérations de secours se poursuivent pour retrouver d’éventuels rescapés et retirer les corps des décombres. Les explosions se sont produites, dimanche, à partir 8 heures du matin, dans le camp militaire de Mpila, un quartier très populaire à l’est de Brazzaville. La déflagration a détruit de nombreux bâtiments dont une église – l’église Saint-Louis – remplie de fidèles qui assistaient à la messe. Dans les rues voisines du dépôt de munitions, des centaines d’habitations ont été dévastées, offrant un spectacle de désolation.

Un cauchemar évoqué par une habitante du quartier. Jointe par RFI, cette étudiante, qui a réussi à s’échapper, est encore sous le choc.

Les gens pleurent, ne savent pas où aller. Il n’y a plus rien, je ne sais plus comment faire. Je suis finie.
Témoignage d’une étudiante, rescapée.
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Situation très difficile pour les blessés

Les hôpitaux de la ville, sous-équipés, ont travaillé dans des conditions très difficiles après l’afflux de blessés, souvent entassés dans les couloirs et les chambres. Entre-temps, les autorités ont réquisitionné des personnels de santé de toute la ville. Depuis dimanche, le Centre hospitalier universitaire (CHU) a reçu 278 blessés.

Joint par RFI, Ignace Ngakala, directeur général du CHU de Brazzaville, indique que la situation est en train de se stabiliser et souligne que les blessures sont de nature multiple, provenant notamment d’éclats d’obus, de brûlures et de fractures.

Nous avons de grands brûlés.
Ignace Ngakala, directeur général du CHU de Brazzaville.
10-10-2013 - Par Guillaume Thibault

Besoin urgent de matériel et de médicaments

La France a mobilisé son ambassade à Brazzaville pour connaître les besoins des hôpitaux. Une expertise qui lui a permis d’envoyer, lundi après-midi, un avion chargé de 2,5 tonnes de matériel médical, médicaments et produits pharmaceutiques de première urgence, et une équipe médicale incluant des chirurgiens, des médecins, des infirmiers, des aides-soignants et un pharmacien.

Joint par RFI, Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, précise qu’en ce moment, la priorité et l’urgence pour le Congo, c’est l’aide médicale. 

Une équipe médicale qui puisse immédiatement intervenir en appui aux médecins congolais qui traitent, depuis le début, plusieurs dizaines de patients.
Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
10-10-2013 - Par Carine Frenk

L’aide internationale a commencé à s’organiser. Après la France, le Maroc s’apprête à envoyer un hôpital de campagne et la République démocratique du Congo doit dépêcher sur place du matériel et des médicaments ainsi qu’une équipe médicale.

L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF), qui a aussi apporté son aide médicale, insiste sur la nécessité d’organiser et d’améliorer les prises en charge des patients. Une urgence sur laquelle il faut maintenant réfléchir, selonYann Diplo, chargé de mission à MSF, joint à Brazzaville par RFI.              

On devrait réfléchir davantage en termes d’organisation et améliorer la qualité des prises en charge des patients.
Yann Diplo, chargé de mission à MSF.
10-10-2013 - Par Edmond Sadaka

Selon un communiqué du gouvernement congolais, c’est un court-circuit qui serait à l’origine de l’incendie qui a provoqué les explosions. Une enquête sera ouverte pour déterminer les causes exactes de ce drame. Le président congolais, Denis Sassou Nguesso a par ailleurs « insisté sur l’obligation de délocalisation » des casernes militaires à l’extérieur de la capitale.